Système de réseaux de passage, d’évasion et de renseignement vers l’Espagne.
La forme principale retenue est Base Espagne. Les sources consultées la présentent moins comme un réseau unique que comme un système ou une structure fédérative de réseaux, de sous-réseaux et de filières de passage et d’évasion vers l’Espagne. Cette qualification doit être signalée d’emblée, car elle explique les variations de périmètre selon les sources.
Création du réseau
Les sources concordent pour situer la création de Base Espagne en novembre 1942. La notice de synthèse de BPSGM l’attribue aux frères Jean et François Mazou. Une étude scientifique publiée dans une revue académique la décrit également comme un réseau d’information créé fin novembre 1942 par ces deux responsables, dans le cadre d’une fusion de nombreux réseaux et sous-réseaux reliant la France à l’Espagne. Son objectif principal est le passage et l’évasion vers l’Espagne, avec des fonctions complémentaires de renseignement et de liaison.
Organisation interne
Base Espagne fonctionne comme une structure de coordination. BPSGM la présente comme un ensemble rassemblant une trentaine de réseaux et dix-huit filières de passage, parmi lesquels Ber-Armand, Bourgogne, Cazimir, Démocratie, F2, Ferdinabel, Gisèle, Guynemer, Jade, Mécano, Nana, Nérac, Pat O’Leary et Samson.
Les inventaires du SHD confirment cette logique de structure englobante en mentionnant, dans les dossiers homologués, plusieurs sous-réseaux explicitement rattachés à Base Espagne, comme Guynemer, Démocratie, Thom, Souk, Dominique, Groupe Joseph, Jasmin, Sherry ou Mécano.
Les sources consultées montrent aussi l’existence d’une « boîte à lettres centrale » et d’un organigramme interne, mais la présente recherche en ligne ne permet pas de reconstituer avec précision l’ensemble de la hiérarchie, ni de fixer un effectif global consolidé pour toute la structure. Il convient donc de retenir une organisation fédérative, cloisonnée et composite, centrée sur les liaisons transfrontalières.
Actions menées pendant la Résistance
La fonction principale attestée est l’évasion vers l’Espagne de personnes pourchassées, d’agents, de militaires français et alliés, et de volontaires cherchant à rejoindre l’Afrique du Nord ou Londres. Les synthèses locales et mémorielles indiquent que Pau et le Pays basque constituent des étapes importantes de ces passages. Les sources signalent également une activité de renseignement et de courrier, en complément de l’évasion.
La documentation archivistique du SHD confirme que Base Espagne a été reconnue après-guerre comme structure FFC et qu’elle couvrait plusieurs sous-réseaux d’action, de renseignement militaire et d’évasion. Les sources consultées ne permettent toutefois pas d’établir ici un total général sûr du nombre de personnes passées par l’ensemble de la structure.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Base Espagne entretient des liens avec de très nombreux réseaux de passage et de renseignement, ce qui constitue même sa raison d’être. BPSGM la relie explicitement à des réseaux comme Nana, Mécano, Pat O’Leary, Guynemer ou Démocratie. La page MVR sur la Résistance dans les Pyrénées la situe dans l’environnement plus large des filières appuyées par le MI9 et le SOE. Les inventaires du SHD montrent enfin son insertion dans les structures des Forces françaises combattantes.
Jean Mazou et François Mazou sont les fondateurs identifiés par les sources consultées.
Edmond Speraber est présenté par BPSGM comme l’une des personnalités emblématiques de Base Espagne, au carrefour de plusieurs réseaux de passage et de secours aux aviateurs, en particulier à Saint-Jean-de-Luz.
Les sources consultées citent aussi, dans l’environnement de la structure, des responsables comme le commandant Passicot et divers chefs de sous-réseaux, mais sans permettre ici une synthèse nominative complète de l’ensemble des cadres de Base Espagne.
Victimes et morts
Les sources accessibles pour cette fiche ne donnent pas de bilan global unifié des morts de l’ensemble de Base Espagne. Elles attestent cependant que plusieurs réseaux composant la structure ont subi arrestations, déportations et exécutions, et que des agents homologués au titre de Base Espagne figurent dans les fonds du SHD et dans des notices mémorielles individuelles. En l’absence de bilan consolidé recoupé, il n’est pas possible de fournir ici un chiffre global fiable.
Survivants identifiés
Les sources consultées permettent d’identifier des agents ayant survécu, mais elles ne donnent pas de liste globale et vérifiée des survivants de Base Espagne comme structure d’ensemble. La documentation trouvée est surtout organisée par sous-réseaux ou par parcours individuels. Il convient donc de signaler cette lacune documentaire.
Fin du réseau
BPSGM indique que Base Espagne fonctionne de 1943 jusqu’à la Libération, sans être véritablement inquiétée dans sa structure générale. Cette formulation paraît compatible avec la survie d’un noyau de coordination malgré les pertes subies par certains sous-réseaux. La présente recherche ne permet pas de dater un démantèlement unique et brutal comparable à celui d’un réseau plus centralisé.
Conséquences et mémoire
L’importance historique de Base Espagne tient à son rôle de plate-forme d’évasion pyrénéenne et de coordination entre réseaux.
Sa mémoire est aujourd’hui portée surtout par l’historiographie des Basses-Pyrénées, par les inventaires du SHD et par les notices consacrées à ses sous-réseaux et à ses agents. Les sources consultées ne permettent pas d’identifier avec certitude un monument exclusivement dédié à Base Espagne en tant que structure globale.
Références bibliographiques
Claude Laharie, « Les réseaux de résistance dans les Basses-Pyrénées », dans La Résistance dans le Sud-Ouest au regard d’autres espaces européens (1940 à nos jours). Cette étude, citée par BPSGM, sert de cadre de référence pour comprendre l’implantation de Base Espagne dans les Basses-Pyrénées et son articulation avec les autres réseaux de renseignement et d’évasion.
Jean Crouzet, Aide-mémoire des années sombres. Ouvrage bibliographique signalé dans la notice BPSGM sur Base Espagne, utile pour replacer la structure dans l’ensemble de la Résistance basque et béarnaise.
Émilienne Eychenne, Les fougères de la liberté. Référence citée par BPSGM, importante pour le contexte des passages pyrénéens, des évadés et des solidarités locales.
Références internet
BPSGM. Notice de synthèse sur Base Espagne, indiquant sa création en novembre 1942, ses fondateurs, sa fonction de système de réseaux de passage et d’évasion, ainsi que plusieurs de ses composantes. https://www.bpsgm.fr/reseaux-renseignements-et-ou-evasion-ayant-opere-dans-les-basses-pyrenees-base-espagne/
Service historique de la Défense. Les instruments de recherche des sous-séries GR 17 P et GR 28 P confirment l’existence archivistique de Base Espagne et de plusieurs sous-réseaux homologués qui lui sont rattachés. URL complète : https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/2019-10/SHDGR_INV_28P4_DOSSIERS_DES_AGENTS_DES_RESEAUX_0.pdf
Musée de la Résistance en ligne. L’instrument de recherche reproduit par le musée donne la cote GR 17 P 82 pour Base Espagne et énumère plusieurs sous-réseaux, ce qui permet de préciser sa nature fédérative. URL complète : https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/191.pdf
Mémoire Vive de la Résistance. La page de synthèse sur la Résistance dans les Pyrénées mentionne Base Espagne parmi les structures précoces de renseignement et d’évasion des Basses-Pyrénées. https://mvr.asso.fr/la-resistance-dans-les-pyrenees-2/
Sources consultées le 29 mars 2026
Mémoire Vive de la Résistance, page « La Résistance dans les Pyrénées » : mention de Base Espagne dans le contexte des réseaux de renseignement et d’évasion des Basses-Pyrénées.
BPSGM, notice « Base Espagne » : création, fondateurs, fonction, composition, personnalité d’Edmond Speraber, bibliographie.
OpenEdition, article scientifique sur les Espagnoles dans la Résistance : confirmation de la création fin novembre 1942 par Jean et François Mazou.
Service historique de la Défense, inventaires GR 28 P 4 : mention de plusieurs sous-réseaux homologués sous Base Espagne.
Musée de la Résistance en ligne, instrument de recherche GR 17 P : confirmation de la cote Base Espagne et de plusieurs sous-réseaux associés.
Mémoire des Hommes : aucune notice synthétique autonome directement exploitable retrouvée dans cette recherche pour Base Espagne comme organisation globale.
Ordre de la Libération : aucune notice autonome directement exploitable retrouvée dans cette recherche pour Base Espagne comme organisation globale.
Gallica : aucune référence directement exploitée ici pour une fiche autonome de Base Espagne.
Observations
Le principal risque de confusion tient à la nature même de Base Espagne : selon les sources, elle est présentée comme un réseau, un système de réseaux, une base de passage ou une structure fédérative. La présente fiche retient la formule la plus prudente : structure ou système de réseaux de passage, d’évasion et de renseignement vers l’Espagne.