La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

SANSOM Odette née Odette BRAILLY, nom de code «Lise »

Odette SANSOM, née Odette BRAILLY, le 28 avril 1912 à Amiens (France), morte le 13 mars 1995 à Walton-on-Thames (Royaume-Uni)

Odette Brailly passe son enfance en Picardie. Marquée par la Première Guerre mondiale où elle perd son père, elle contracte durant sa jeunesse plusieurs maladies graves qui forgent sa résilience.

En 1931, elle épouse l’Anglais Roy Sansom et s’installe à Londres. Mère de trois filles, elle mène une vie de famille paisible jusqu’au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

En 1942, suite à un appel de l’Amirauté britannique demandant des photographies des côtes françaises, elle envoie par erreur ses clichés personnels, ce qui attire l’attention des services secrets.

Engagement dans la Résistance

Elle est recrutée par le Special Operations Executive (SOE) en raison de sa connaissance parfaite du français et de sa détermination. Intégrée au First Aid Nursing Yeomanry (FANY) pour sa couverture militaire, elle suit une formation d’agent de terrain, bien que les instructeurs s’inquiètent initialement de son tempérament émotionnel.

Sous le nom de code « Lise », elle est déposée par felouque sur une plage près de Cannes dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1942.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Elle est affectée au réseau SPINDLE, dirigé par Peter Churchill. Ce réseau opère principalement dans le Sud-Est de la France, entre Cannes et Annecy, et assure la liaison avec les maquis de Haute-Savoie. Elle occupe la fonction de courrier et d’adjoint direct du chef de réseau.

Missions et actions

Odette Sansom assure les liaisons dangereuses entre les différents membres du réseau éparpillés dans les Alpes et sur la Côte d’Azur. Elle participe activement à l’organisation de parachutages d’armes et à la gestion des fonds destinés à la Résistance locale.

Sa mission prend une tournure cruciale lorsqu’elle doit aider Peter Churchill à échapper à la surveillance accrue des services de sécurité italiens et de l’Abwehr. Pour protéger l’organisation, elle prétend être mariée à Peter Churchill (qui serait un neveu de Winston Churchill), espérant que ce lien de parenté fictif leur servira de bouclier en cas de capture.

Arrestation / évasion / déportation

Elle est arrêtée avec Peter Churchill le 16 avril 1943 à Saint-Jorioz, en Haute-Savoie, par l’agent de l’Abwehr Hugo Bleicher.

Transférée à la prison de Fresnes, elle subit quatorze interrogatoires sous la torture, dont l’arrachage des ongles des pieds et des brûlures au fer rouge.

Elle ne livre aucun nom, maintenant sa version du lien de parenté avec le Premier ministre britannique. En mai 1944, elle est envoyée à Karlsruhe avec ses camarades, puis déportée au camp de Ravensbrück en juillet 1944. Placée en cellule d’isolement au « Bunker » du camp, elle y survit dans des conditions atroces.

Camarades de combat

Elle opère sous les ordres de Peter Churchill (qu’elle épousera en secondes noces après la guerre). Lors de sa déportation, elle partage le convoi de Karlsruhe avec les agentes Andrée Borrel, Vera Leigh, Sonia Olschanezky et Diana Rowden, mais elle est séparée d’elles avant leur exécution au Struthof.

Retour à la vie civile

Libérée en mai 1945 par le commandant du camp de Ravensbrück qui espérait l’utiliser comme monnaie d’échange auprès de Winston Churchill, elle rentre en Angleterre.

Elle devient une figure majeure de la mémoire de la Résistance, témoignant lors des procès de crimes de guerre à Hambourg. Elle consacre le reste de sa vie à des œuvres caritatives et à la mémoire des femmes du SOE.

Décorations

  • George Cross (Royaume-Uni), par décret du 20 août 1946. Elle fut la première femme à recevoir cette distinction, la plus haute pour les civils.
  • Chevalier de la Légion d’honneur (France), par décret du 13 novembre 1950, source : Base Léonore / Journal Officiel.
  • Médaille de la Résistance française (décret du 31 mars 1947), source : Mémoire des Hommes.
  • Membre de l’Ordre de l’Empire britannique (MBE).

Lieux de mémoire

Une plaque commémorative est apposée à Saint-Jorioz, lieu de son arrestation. Son nom figure sur le mémorial du SOE à Valençay (Indre).

Références bibliographiques

Odette: The Story of a British Agent, Jerrard Tickell, Chapman & Hall, 1949. Cette biographie officielle, adaptée au cinéma, a largement contribué à la notoriété mondiale de son action.

Code Name: Lise: The True Story of the Woman Who Became WWII’s Most Highly Decorated Spy, Larry Loftis, Gallery Books, 2019. Une étude historique récente utilisant des archives déclassifiées pour retracer son parcours.

Références internet

Mémoire des Hommes Confirmation de son homologation en tant que membre des Forces Françaises Combattantes (FFC). https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération Accès à la notice concernant sa Médaille de la Résistance. https://www.ordredelaliberation.fr/

Dossier d’homologation consulté : oui – cote SHD

Cote SHD : GR 16 P 534065

Observations

Son nom est parfois répertorié sous Odette Sansom-Churchill ou Odette Hallowes (nom de son troisième époux). Sa survie est considérée comme un miracle par les historiens du SOE, principalement dû au bluff concernant sa prétendue parenté avec Winston Churchill, qui incita les SS à la garder en vie.

Suivi de recherche au 17 février 2026

  • Imperial War Museum : Consultation des interviews sonores de 1986.
  • Base Léonore : Validation du dossier de la Légion d’honneur (Cote c-308107).

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