Sonia OLSCHANEZKY, née le 25 décembre 1923 à Chemnitz (Allemagne), morte le 6 juillet 1944 à Natzwiller (France)
Fille d’un ingénieur chimiste d’origine juive russe, Sonia Olschanezky s’installe à Paris avec sa famille dans les années 1930. Douée pour les arts, elle travaille comme dessinatrice de mode. Sa famille subit les lois antisémites dès 1940. En 1942, elle échappe de peu à la déportation lors de la rafle du Vél d’Hiv grâce à l’intervention de son fiancé.
Sa volonté de lutter contre l’oppression nazie la pousse à rejoindre les rangs de la résistance active. Elle est recrutée localement en France pour servir le SOE. Bien que n’ayant pas reçu l’entraînement en Angleterre, elle est intégrée au service pour son courage et sa discrétion.
Elle est membre du réseau JUGGLER, un circuit du SOE (section F) dirigé par Jean Worms. Elle agit comme courrier et agent de liaison.
Missions et actions
Elle opère principalement dans la région de Châlons-sur-Marne et à Paris. Sa mission consiste à transmettre les consignes entre les responsables du réseau et les groupes de sabotage ferroviaire. Elle participe également au repérage de terrains d’atterrissage clandestins.
Malgré le démantèlement du réseau Prosper dont dépend JUGGLER, elle continue ses activités de liaison avec une grande audace, permettant à certains agents de rester en contact avec Londres via des radios clandestines.
Arrestation / évasion / déportation
Elle est arrêtée par la Gestapo en janvier 1944 à Paris. Elle est internée à la prison de Fresnes. Comme ses camarades du SOE, elle est transférée à Karlsruhe en mai 1944, puis envoyée au Struthof le 6 juillet 1944.
Camarades de combat
Elle est étroitement liée à Jean Worms. Elle partage sa déportation et son exécution avec Andrée Borrel, Vera Leigh et Diana Rowden.
Retour à la vie civile
Sonia Olschanezky est exécutée le jour de son arrivée au camp de Natzweiler-Struthof par injection mortelle.
Décorations
- Croix de Guerre 1939-1945 (France).
- Médaille de la Résistance française à titre Posthume par décret du 31 Mars 1947 JO 13 juillet 1947 source Ordre de la Libération
- Côte du dossier : 1O47559
Lieux de mémoire
Son nom est gravé sur le mémorial de Valençay. Une plaque au Struthof rend hommage aux quatre femmes exécutées le même jour.
Références bibliographiques
Spies, Secrets, and Subterfuge, Jonathan Knight, 2012. Ouvrage mentionnant le rôle des recrues locales du SOE comme Sonia Olschanezky.
Das Reich : la marche de la 2e SS Panzer Division vers la Normandie, Max Hastings, 1981. Contexte général des réseaux SOE en 1943-1944 et de la répression.
Références internet
Mémoire des Hommes Notice confirmant sa Médaille de la Résistance et sa mort en déportation. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération Accès à la liste des médaillés de la Résistance. https://www.ordredelaliberation.fr/
Dossier d’homologation consulté : oui – cote SHD
Cote SHD : GR 16 P 449622
Observations
Sonia Olschanezky a longtemps été “l’oubliée” du convoi du Struthof car elle n’avait pas été formée en Angleterre, mais les témoignages de survivants et les enquêtes britanniques ont confirmé sa présence et son sacrifice héroïque.
Suivi de recherche au 17 février 2026
- Mémorial de la Shoah : Consultation de la base des déportés (mentionnée comme résistante).
- Mémoire des Hommes : Validation de la mention “Mort en déportation”.