L’Organisation civile et militaire des Jeunes, identifiée sous l’acronyme OCMJ, constitue l’échelon de recrutement des jeunes cadres et étudiants du mouvement Organisation civile et militaire (OCM).
L’OCMJ est fondée en octobre 1942 à Paris, France. Sous l’impulsion de Jacques-Henri Simon et Charles Verny, elle vise à encadrer la jeunesse scolarisée et universitaire, particulièrement en zone occupée, pour la préparer aux tâches de libération du territoire. Elle se distingue du mouvement de base par une volonté d’action plus immédiate et une structure adaptée au milieu étudiant.
L’organisation s’articule autour d’un bureau national parisien qui coordonne des délégations régionales. Le maillage est particulièrement dense dans le Grand Ouest et la région parisienne. En Normandie, le réseau s’appuie sur des structures départementales solides, notamment dans la Manche. En Bretagne, des cellules sont implantées à Rennes, Ille-et-Vilaine, France. La hiérarchie est strictement cloisonnée pour protéger les cadres universitaires qui servent souvent de boîtes aux lettres ou de recruteurs.
Actions menées pendant la Résistance
L’OCMJ se spécialise dans le renseignement tactique et la propagande. Ses membres assurent la distribution du journal Jeunesse. Ils participent activement à la fabrication de faux papiers pour les réfractaires du STO. En 1944, l’organisation bascule vers l’action armée en fournissant des effectifs aux groupes de combat FFI, notamment lors de la libération des administrations publiques à Paris, France. Des groupes OCMJ participent également au balisage de terrains pour les parachutages en Normandie.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
L’OCMJ est le partenaire direct de l’OCM dont elle reçoit ses directives politiques. Elle entretient des contacts étroits avec le réseau de renseignement Centurie, auquel elle fournit de nombreux agents. Elle collabore également avec les Volontaires de la Liberté et, à partir de 1944, s’intègre aux structures des Forces françaises de l’intérieur (FFI) sous l’autorité du général Koenig.
Jacques-Henri Simon assure la direction nationale jusqu’à son arrestation en 1943 ; il meurt en déportation.
Charles Verny lui succède avant d’être arrêté et fusillé.
Pierre Ruais coordonne les sections de la région parisienne.
André Rostand dirige l’organisation dans la Manche, Basse-Normandie, France.
Pierre Joly assure la liaison pour le département d’Eure-et-Loir, France.
Gilbert de Vasselot joue un rôle majeur dans l’encadrement des lycéens parisiens.
Victimes et morts
Jacques-Henri Simon, décédé le 22 mai 1944 au camp de Dora, Allemagne. Charles Verny, fusillé le 15 juin 1944 à Arras, Pas-de-Calais, France. De nombreux étudiants membres du réseau ont été fusillés au Mont-Valérien ou déportés suite à des dénonciations dans les lycées parisiens.
Survivants identifiés
Pierre Ruais survit et poursuit une carrière politique. André Rostand, après avoir participé aux combats de la Libération en Normandie, reprend ses activités civiles. Pierre Joly survit également au conflit.
Fin du réseau
À la Libération, en août 1944, les membres de l’OCMJ sont majoritairement versés dans l’armée régulière, notamment au sein de la 2e Division Blindée ou des unités de sécurité du territoire. L’organisation dissout ses structures clandestines à l’automne 1944.
Conséquences et mémoire
L’OCMJ a formé une génération de cadres administratifs et militaires pour la France d’après-guerre. Sa mémoire est perpétuée par l’Association des anciens de l’OCM. Une plaque commémorative rend hommage à ses membres au Lycée Janson-de-Sailly à Paris, France.
Références bibliographiques
L’Organisation civile et militaire : un réseau dans la Résistance Guillaume Piketty, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, Paris, 1995.
La Résistance en Normandie Jean Quellien, Éditions Tallandier, Paris, 2011.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne Notice sur l’organisation et ses branches jeunesse. https://museedelaresistanceenligne.org/media6631-Organisation-Civile-et-Militaire-OCM
Le Maitron Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés de la Résistance. https://fusilles-40-44.maitron.fr/
Sources consultées Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Service Historique de la Défense (SHD). Date de vérification : 9 mars 2026.