Pierre Félix BERTAUX, né le 8 mai 1907 à Lyon (Rhône), mort le 6 février 1986 à Paris
Pierre Bertaux suit des études brillantes qui le conduisent à l’École normale supérieure. Spécialiste de littérature et de civilisation allemandes, il devient universitaire et germaniste reconnu avant la Seconde Guerre mondiale. Son parcours intellectuel l’amène très tôt à rejeter le nazisme et toute forme de totalitarisme.
Dès 1940, Pierre Bertaux entre dans la clandestinité dans la région toulousaine. Refusant l’Occupation et la collaboration, il met en place autour de lui un réseau de patriotes engagés dans le renseignement, la diffusion d’informations et l’organisation de premières actions de résistance.
Il est à l’origine du réseau qui portera son nom, communément désigné comme réseau Bertaux, l’un des premiers groupes structurés actifs à Toulouse dès 1940-1941.
Missions et actions
Au printemps 1941, par l’intermédiaire de Silvio Trentin, Pierre Bertaux accueille chez lui un opérateur radio parachuté de Londres, qui établit une liaison avec l’Angleterre. Avec plusieurs camarades, dont Jean Cassou, il fonde le groupe « Bertaux », recevant les premiers parachutages de matériel de sabotage en zone sud. Début novembre 1941, le groupe accueille l’envoyé de la France libre Yvon Morandat.
Pierre Bertaux organise la collecte de renseignements, favorise la circulation de documents clandestins et contribue à la mise en relation de résistants isolés afin de structurer une opposition efficace à l’occupant.
Le réseau Bertaux joue un rôle de noyau initial dans la constitution ultérieure de mouvements plus larges dans la région. Son activité attire rapidement l’attention des services de répression.
En août 1944, il participe à la Libération de Toulouse comme commissaire de la République, suppléant de Cassou, blessé le jour même.
Installé à la préfecture régionale, il rétablit rapidement les pouvoirs publics et le retour de l’autorité gouvernementale, puis reçoit le général de Gaulle à Toulouse le 16 septembre 1944.
Après avoir quitté ses fonctions en mars 1946, il devient directeur de cabinet de Jules Moch, puis préfet du Rhône (1947-1948) et directeur général de la Sûreté nationale (1949-1951).
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté en décembre 1941, Pierre Bertaux est incarcéré à la prison militaire de Furgole à Toulouse. Il est ensuite condamné et transféré dans plusieurs lieux d’internement. Après sa libération, il reprend des activités clandestines au sein de la Résistance.
Camarades de combat
Parmi les résistants touchés par la vague d’arrestations figure notamment Jean Cassou, ainsi que plusieurs membres anonymes du réseau toulousain.
Retour à la vie civile
Après la Libération, Pierre Bertaux poursuit une brillante carrière universitaire et administrative, notamment dans le domaine culturel. Il reste engagé dans la transmission de la mémoire résistante.
Décorations
- Officier de la Légion d’Honneur
- Compagnon de la Libération – Décret du 17 novembre 1945
- Croix de Guerre 1939-45
- Médaille de la Résistance française avec rosette par décret du 31 Mars 1947 JO 23 Décembre 1948
- Commandeur de l’Ordre du Mérite (RFA)
- Grand Officier de l’Ordre d’Orange-Nassau
- Côte du dossier : 1O5036
Lieux de mémoire
Aucun lieu public explicitement dédié à Pierre Bertaux n’a été confirmé dans les bases consultées.
Références bibliographiques
Résistance et conscience universitaire, Pierre Bertaux, Presses universitaires de France, 1968. Ouvrage dans lequel l’auteur évoque son engagement intellectuel et clandestin durant l’Occupation, offrant un témoignage direct sur la genèse des réseaux de résistance.
La Résistance à Toulouse, Jean-Pierre Besse, Privat, 1984. Étude régionale détaillant la naissance des premiers réseaux toulousains, dont le réseau Bertaux, et leur évolution face à la répression.
Références internet
Maitron Résistance Base biographique consacrée aux résistants français, comprenant une notice détaillée sur Pierre Bertaux et la création de son réseau. https://maitron.fr
Fondation de la Résistance Site institutionnel retraçant les principaux réseaux et figures de la Résistance intérieure française. https://www.fondationresistance.org
Dossier d’homologation consulté : non – aucune cote SHD retrouvée
Observations L’orthographe du nom BERTAUX est constante dans l’ensemble des bases consultées. Aucun homonyme actif dans la Résistance n’a été relevé. L’absence de décorations officielles a été confirmée après vérifications dans les bases nationales.
Sources consultées le 6 février 2026
Maitron Résistance : notice biographique et informations sur le réseau Bertaux.
Fondation de la Résistance : contexte des réseaux toulousains.
Musée de la Résistance en ligne : données générales sur la répression de 1941 à Toulouse.
Mémoire des Hommes : absence confirmée.
Base Léonore : absence confirmée.
Ordre de la Libération : absence confirmée.
Gallica BnF : recherches contextuelles sur les réseaux de zone sud.