Le « drame de Ruffec » du 21 août 1944 est un épisode de répression survenu à Ruffec (Charente) et ainsi désigné par des ressources mémorielles locales et des notices biographiques, qui convergent pour établir l’exécution sommaire, ce jour-là, de quatre résistants arrêtés la veille à Sauzé-Vaussais lors du repli allemand.
Les faits établis par le recoupement des sources consultées se déroulent en deux temps. Le 20 août 1944, Roger AUBIN, Joseph BERNIER, René GROUSSARD et Louis PROUST sont arrêtés à Sauzé-Vaussais par une unité allemande décrite, dans une publication municipale officielle, comme une « compagnie indo-allemande ».
Le 21 août 1944, les quatre hommes sont exécutés sommairement à Ruffec, événement commémoré localement comme un massacre de résistants. Les sources consultées qui sont exploitables à ce stade ne donnent pas une chronologie minute par minute (transferts, lieux exacts d’interrogatoire, modalités d’exécution), mais elles concordent sur la date, le lieu (Ruffec) et l’issue (fusillade/exécution sommaire).
Circonstances
Le drame s’inscrit dans la phase de forte tension de l’été 1944, marquée localement par le repli des forces allemandes et l’intensification des actions et contrôles sur les axes de circulation. Une publication municipale de Melle, consacrée aux lieux de mémoire de la Résistance melloise, replace explicitement l’arrestation du 20 août 1944 dans le contexte du passage d’un convoi allemand « en repli » et de la présence d’unités de contrôle, sans toutefois détailler les ordres allemands ou la chaîne de commandement ayant conduit à l’exécution.
Du point de vue mémoriel, la stèle de Ruffec porte une formulation accusatoire claire (« massacrés ici par les Allemands »), confirmant la lecture locale d’un acte de représailles/répression plutôt que d’un décès au combat.
Acteurs et figures marquantes
Les quatre victimes identifiées de manière concordante sont Roger AUBIN, résistant de l’Armée secrète-FFI, exécuté sommairement le 21 août 1944 à Ruffec. Joseph BERNIER, officier de carrière, exécuté sommairement le 21 août 1944 à Ruffec. René GROUSSARD, propriétaire exploitant, exécuté sommairement le 21 août 1944 à Ruffec. Louis PROUST, collégien et résistant dans les FTPF, exécuté sommairement le 21 août 1944 à Ruffec. Les adversaires ne sont pas nommés nominativement dans les sources officielles et mémorielles directement exploitables ici ; ils sont désignés de façon générique comme « les Allemands » et, pour l’arrestation, comme une « compagnie indo-allemande ».
Victimes
Le noyau de victimes du « drame de Ruffec » est constitué, dans les sources recoupées, des quatre hommes arrêtés à Sauzé-Vaussais et exécutés le lendemain à Ruffec. Roger AUBIN, né le 16 juillet 1911 à Melle (Deux-Sèvres), mécanicien, est exécuté sommairement le 21 août 1944 à Ruffec (Charente) ; son engagement est rattaché à l’Armée secrète-FFI. Joseph BERNIER, né le 30 août 1890 à Saint-Xandre (Charente-Inférieure, actuelle Charente-Maritime), officier de carrière, est exécuté sommairement le 21 août 1944 à Ruffec. René GROUSSARD, né le 1er avril 1906 à Breloux-la-Crèche (Deux-Sèvres), propriétaire exploitant, est exécuté sommairement le 21 août 1944 à Ruffec. Louis PROUST, né le 24 février 1928 à Meknès (Maroc), collégien, est exécuté sommairement le 21 août 1944 à Ruffec ; il est présenté comme résistant dans les FTPF. Une source municipale officielle confirme en bloc ces quatre noms comme fusillés à Ruffec le 21 août 1944 après l’arrestation du 20 août.
Survivants
Aucun survivant direct de ce groupe arrêté le 20 août 1944 n’est identifié comme tel dans les sources officielles et mémorielles exploitées ici. En l’état de la consultation, les sources convergent vers l’exécution des quatre hommes nommés, sans mention d’évasion ou de libération parmi eux.
Conséquences
Les conséquences immédiates documentées dans les sources consultées sont avant tout mémorielles et symboliques, l’événement ayant été rapidement inscrit dans l’espace public local comme un acte de répression. La stèle de Ruffec commémore explicitement des « martyrs de la Résistance » massacrés le 21 août 1944, attestant une appropriation locale durable de l’événement et de sa qualification. Une publication municipale de Melle indique que l’annonce de la disparition de René GROUSSARD et de ses compagnons entraîne une dynamique de mémoire et de dénomination dans le secteur mellois (évolution des appellations de groupes et de lieux), montrant la portée régionale du choc et du deuil dans les communautés résistantes voisines.
Mémoire et lieux commémoratifs
Le lieu commémoratif central identifié à Ruffec est une stèle portant l’inscription « Aux Martyrs de la Résistance, massacrés ici par les Allemands le 21 août 1944 », située place du Champ de Foire (côté rue Villebois Mareuil), ce qui ancre l’événement dans un espace urbain précis. La mairie de Ruffec publie par ailleurs des informations de cérémonie de commémoration liées à la Libération, avec un rassemblement mentionné à la stèle du Champ de Foire, confirmant l’usage actuel de ce lieu comme point de mémoire publique. Une publication municipale de Melle signale en outre des décisions locales de montrer et d’inscrire la mémoire des fusillés dans la toponymie et les lieux de mémoire du Mellois (noms de places/avenues liés à René GROUSSARD, Joseph BERNIER, Roger AUBIN), ce qui éclaire la diffusion territoriale de la mémoire du drame.
Références bibliographiques
La Résistance en Deux-Sèvres 1940-1944, Michel Chaumet et Jean-Marie Pouplain, Geste Éditions, 1994. Cet ouvrage de synthèse est signalé par une ressource mémorielle régionale comme une référence structurante sur l’organisation de la Résistance dans les Deux-Sèvres, incluant la zone du Mellois. Le lecteur y trouvera des éléments sur la constitution des groupes, les formes d’action (maquis, sabotages, liaisons) et le climat de répression à l’été 1944. Il est particulièrement utile pour replacer le drame de Ruffec dans l’environnement humain et opérationnel des résistances locales proches (Melle, Sauzé-Vaussais, secteur mellois), même si l’événement de Ruffec doit être vérifié spécifiquement par des sources dédiées.
Résistance, 1940-1944 : édition Poitou-Charentes : témoignages, dossiers,chronologie, direction de publication Pierre Aymar de Broissia, éd. Little Big Man, 2004. Cette compilation propose un panorama chronologique et des dossiers thématiques, avec une partie consacrée au cadre régional Poitou-Charentes. Le lecteur peut s’attendre à y trouver des repères datés, des témoignages et un cadrage régional permettant de situer, en août 1944, les conditions du repli allemand, la montée des actions FFI/FTP et la violence des répressions locales. C’est une référence de contexte utile pour accompagner une fiche événementielle centrée sur Ruffec.
Jusqu’au bout de la Résistance, Bernard Fillaire, Stock, 1997. Ouvrage publié par un auteur identifié, accessible sur Gallica, qui rassemble une vaste matière sur la Résistance, la répression et les trajectoires de résistants jusqu’à l’extrême violence de 1944. Le lecteur y trouvera un cadre de compréhension des mécanismes d’arrestations, d’exécutions sommaires et de la mémoire d’après-guerre. Dans l’état présent de la recherche, il sert surtout de référence générale pour éclairer le type de répression dont relève le drame de Ruffec, sans se substituer à des archives nominatives ou locales directement centrées sur Ruffec.
Références internet
Maitron (Dictionnaire des fusillés 1940-1944 / notices associées)
Les notices fournissent l’identification des victimes et des éléments biographiques vérifiés (naissances, profils, appartenances résistantes, qualification d’« exécution sommaire » et date/lieu Ruffec). Elles constituent un socle biographique pour nommer précisément les victimes du 21 août 1944 et éviter les confusions d’homonymie.
Lien cliquable : https://maitron.fr/aubin-roger/
Mairie de Melle (publication municipale « Une flamme en Mellois »)
Document officiel de médiation patrimoniale qui décrit le contexte local et confirme l’enchaînement arrestation à Sauzé-Vaussais le 20 août 1944 puis fusillade à Ruffec le 21 août 1944, en nommant les quatre victimes. Il apporte aussi des éléments de mémoire locale (groupes, lieux, toponymie) qui aident à inscrire l’événement dans l’histoire territoriale.
Lien cliquable : https://mairie-melle.fr/documents/tourisme/64-plaquette-resistance
MémorialGenWeb (relevés de monuments, Ruffec)
Page de relevé qui localise et transcrit la stèle commémorative de Ruffec, avec l’inscription mentionnant explicitement le 21 août 1944 et la qualification de massacre par les Allemands. Utile pour documenter précisément le lieu de mémoire et sa formulation, élément indispensable d’une fiche événementielle.
Lien cliquable : https://memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/com_global.php?comm=Ruffec&dpt=16&insee=16292
Mairie de Ruffec (commémorations / Libération)
Page municipale annonçant une cérémonie liée à la Libération avec rassemblement à la stèle du Champ de Foire, confirmant la continuité de la commémoration autour du lieu de mémoire associé au drame.
Lien cliquable : https://www.mairie-ruffec.fr/ceremonie-liberation-de-ruffec/
URL : https://www.mairie-ruffec.fr/ceremonie-liberation-de-ruffec/
Sources consultées Date de vérification : 18 janvier 2026
- Maitron Résistance (pages et notices repérées via recherche nominative et via les entrées « Maitron » accessibles) : utilisé pour confirmer l’identité des victimes, leurs éléments biographiques et la qualification d’exécution sommaire à Ruffec le 21 août 1944 ; certaines pages « fusilles-40-44 » se sont révélées inaccessibles à l’ouverture directe au moment de la recherche, mais des entrées Maitron et des extraits indexés ont permis le recoupement.
- Fondation de la Résistance : consultation effectuée par recherches ciblées ; aucune ressource directement centrée sur le « drame de Ruffec » n’a été identifiée dans les résultats exploitables au stade de cette fiche.
- Musée de la Résistance en ligne : consultation effectuée par recherches ciblées ; aucune notice événementielle directement centrée sur Ruffec (21 août 1944) n’a été retrouvée dans les résultats exploitables, mais la base reste à mobiliser pour des compléments archivistiques ou bibliographiques régionaux.
- Mémoire des Hommes : portail consulté ; aucune fiche nominative certaine n’a été exploitée ici pour les victimes (les éléments biographiques retenus proviennent des notices Maitron et des sources municipales/mémorielles), ce qui justifie une vérification complémentaire ultérieure par requêtes nominatives dans les corpus adaptés.
- Ordre de la Libération : consultation et recherche ; aucun lien direct identifié entre l’événement de Ruffec (21 août 1944) et une notice de Compagnon exploitée pour cette fiche.
- Gallica (BnF) : consultation pour repérage bibliographique ; identification d’un ouvrage accessible (Fillaire, Stock, 1997) utile pour le contexte général de la répression et de la mémoire de la Résistance, sans apport événementiel direct vérifié sur Ruffec dans les extraits consultés.
- SHD (Service historique de la Défense) : consultation du site et repérage de notices d’archives générales ; aucune cote directement centrée sur le « drame de Ruffec » n’a été identifiée dans les résultats consultés au stade de cette fiche.
- Archives et associations mémorielles locales : sources municipales (Melle, Ruffec) et relevés de monuments (MémorialGenWeb) consultés et exploités pour confirmer l’événement, le lieu de mémoire et la liste des victimes.
- Wikipédia : consultée en appoint pour contexte général uniquement ; aucune information spécifique au drame de Ruffec n’a été retenue comme fait dans le corps de la fiche faute de recoupement direct par sources officielles/mémorielles centrées sur Ruffec.