Norbert PORTEJOIE, né le 8 août 1896 à Civray (Vienne), mort le 16 janvier 1981 à Civray (Vienne)
Originaire de Civray, dans la Vienne, Norbert Henri Portejoie grandit et vit dans ce bassin rural du Sud-Vienne. Les données d’état civil et de généalogie concordantes le situent à Civray à la naissance comme au décès, ce qui laisse penser à un enracinement local fort avant-guerre et après 1945. Les bases d’état civil indexées (INSEE) confirment sa date de naissance (8 août 1896) et son décès à Civray à 84 ans.
Dès 1941-1942, Norbert Portejoie rejoint le réseau Renard animé à Poitiers et en Poitou par l’avoué Louis Renard, actif notamment autour du journal clandestin Le Libre Poitou.
Le réseau fédère des « bonnes volontés » locales et des petits cercles de résistants, prépare l’accueil d’un débarquement allié et entretient des liaisons inter-réseaux.
La chute du réseau, déclenchée à l’été 1942 après interception de courriers clandestins, entraîne des arrestations massives dans la région de Poitiers.
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté à Civray le 30 septembre 1942, Portejoie est dirigé sur Paris puis, avec un groupe du réseau, déporté le 18 février 1943 (convoi I.79, procédure « Nacht und Nebel ») vers Trèves et interné au camp spécial SS de Hinzert.
Le 19 avril 1943, il est transféré à la prison NN de Wolfenbüttel. Épargné par le Volksgerichtshof en octobre 1943 (qui condamne à mort dix des siens), il est ensuite détenu à la prison de Brandenburg-Görden, libérée par l’arrivée des Soviétiques le 27 avril 1945.
Les listes de transport (BDDM) le mentionnent comme « rentré » ; des sources locales civraisiennes fixent le retour au 9 juin 1945.
Camarades de combat
Au sein du réseau Renard : Louis Renard (chef), Louis Toussaint, Louis Cartan, Théodore Lefebvre, Pierre Pestoureau, Paul Préaux, ainsi que des Poitevins et Sud-Viennois comme Maurice Grillas (arrêté le même jour à Civray). Plusieurs sont exécutés à Wolfenbüttel le 3 décembre 1943, d’autres meurent en déportation, d’autres encore reviennent.
Retour à la vie civile
Après la libération des prisons et son rapatriement (printemps-été 1945), Portejoie reprend une vie civile à Civray. Les fichiers d’état civil confirment sa présence continue dans la commune jusqu’à son décès en 1981.
Décorations
- Médaillé de la Résistance par décret du 03 août 1946
- https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles?fulltext=Norbert+PORTEJOIE&items_per_page=10#resultats-medailles
Aucune décoration officielle retrouvée dans les bases publiques consultées au moment de la recherche .
Lieux de mémoire
Le nom « Norbert-Portejoie » a été donné à des voies à Civray et Saint-Pierre-d’Exideuil (commune voisine), ce qui atteste d’un ancrage mémoriel local : plusieurs adresses administratives ou commerciales les mentionnent explicitement (rue Norbert-Portejoie, 86400 Civray / Saint-Pierre-d’Exideuil).
Références bibliographiques
- La Chute du réseau Renard, Poitiers 1942. Le SS, le préfet et le résistant, Jean-Henri Calmon, La Geste, 2013. Étude fouillée de la genèse, des activités et du démantèlement du réseau Renard, appuyée sur des archives judiciaires et policières françaises et allemandes. L’ouvrage retrace les parcours des résistants, les arrestations de 1942, la procédure NN de 1943 et suit les détenus jusqu’aux prisons de Wolfenbüttel et Brandenburg-Görden. Indispensable pour resituer le cas Portejoie dans son contexte poitevin.
- Louis Renard (1893-1943), FranceArchives (notice en ligne).
Notice de synthèse d’archives retraçant la trajectoire du chef de réseau et celle de ses compagnons, les arrestations, les procès et exécutions, ainsi que les itinéraires carcéraux des survivants (Wolfenbüttel, Brandenburg-Görden). FranceArchives
Références internet
- VRID – Mémorial du Civraisien Article de synthèse sur les débuts de la Résistance dans le Civraisien citant les arrestations du 30 septembre 1942 et le retour de Portejoie en juin 1945 ; éclairages locaux précieux.
URL : https://www.vrid-memorial.com/les-debuts-de-la-resistance-dans-le-civraisien/ vrid-memorial.com - BDDM – Transport parti de Paris le 18 février 1943 (I.79.)
Base détaillant la composition du convoi NN I.79 et le sort des déportés du réseau Renard ; fiche « PORTEJOIE Norbert » indiquée « rentré » après Wolfenbüttel/Brandenburg-Görden.
URL : https://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.79 - Wikipédia – Réseau Louis Renard Synthèse (à croiser) sur le réseau, ses activités, les arrestations, les procès et l’échéancier de déportation ; utile pour repérer les noms des compagnons de Portejoie.
URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Renard_(réseau) - FranceArchives – Dossier Louis Renard Notice officielle résumant la procédure et le devenir des membres du réseau, dont Portejoie et Texier, avec précisions sur Wolfenbüttel et Brandenburg-Görden.
https://francearchives.gouv.fr/findingaid/06309ed4fd99e1d0945a7166dffdd806c6c0e215