Paul JOLY, né le 27 juin 1899 à Lannoy (Nord), mort le 24 avril 1945 à Buchenwald (Allemagne)
Issu d’une famille de commerçants du Nord, Paul Joly s’installe à Roubaix comme constructeur d’appareils frigorifiques après son service militaire à l’issue de la Première Guerre mondiale.
Dès l’été 1940, il organise l’aide aux soldats britanniques isolés et met en place dès novembre 1940 une filière d’évasion baptisée « Caviar », bientôt reconnue par Londres.
En juin 1942, il reçoit l’officier belge Gérard Kaisin et cofonde avec lui le réseau de renseignements « Zéro-France ».
Joly dirige l’organisation Zéro-France qui s’étend du Nord à la région parisienne et jusqu’à la Normandie, avec une forte composante de renseignement ferroviaire et militaire. Il conserve aussi l’expérience de sa filière « Caviar ».
Sous sa direction, Zéro-France recrute jusqu’à plusieurs centaines d’agents et produit un volume important de renseignements transmis à Londres. Les contacts pris avec des cadres de la SNCF au printemps 1943 ouvrent de nouveaux canaux d’information.
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté par la Gestapo à Roubaix le 21 juillet 1943, il est interné à Roubaix puis à Loos-lès-Lille, déporté en Belgique fin août 1943, ensuite aux Pays-Bas (camp de Vught), puis en Allemagne (Sachsenhausen) et enfin à Buchenwald où, libéré le 11 avril 1945, il décède à l’hôpital le 24 avril 1945.
Camarades de combat
Ses principaux partenaires identifiés sont Gérard Kaisin, cofondateur et chef de mission belge, et de nombreux relais locaux dans le Nord et à Paris, dont Louis Roussel pour la direction du sous-réseau parisien après l’été 1943.
Retour à la vie civile
Sans objet, décès en déportation en 1945
Décorations
- Chevalier de la Légion d’Honneur
- Compagnon de la Libération – décret du 20 janvier 1946, à titre posthume
- Croix de Guerre 39/45 avec palme
- Médaille de la Résistance Médaillé par décret du 25 Avril 1946
- Médaille Commémorative 39/45
- Officier de l’Ordre de la Couronne Royale (Belgique)
- Croix de Guerre avec palme (Belgique)
- Médaille de la Résistance (Belgique)
Source : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/paul-joly
Lieux de mémoire
Les sources consultées ne signalent pas d’odonymie spécifique ; sa qualité de Compagnon est toutefois rappelée dans les bases nationales et travaux locaux sur Roubaix.
Références bibliographiques
- Paul Joly (notice officielle), Ordre de la Libération, site institutionnel. Biographie complète, chronologie précise de l’arrestation et de la déportation, liste des réseaux d’appartenance et des décorations.
- Roubaix « capitale de la Résistance », A. Caudron, Revue du Nord, 1994. Étude sur le contexte roubaisien 1940-1943, mentionnant le rôle moteur de figures locales dont Paul Joly dans l’animation des filières et réseaux.
- Un réseau belge du Nord : Ali-France, E. Verhoeyen, Revue du Nord, 1994. Replace Zéro-France, sa genèse et son articulation avec la filière d’évasion « Caviar » et le réseau Ali-France ; utile pour situer Joly dans l’écosystème des réseaux belges en France.
Références internet
- Ordre de la Libération – « Paul Joly ». Notice institutionnelle détaillée (état civil, réseaux, arrestation et déportation, distinctions). https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/paul-joly
- Histoire de Roubaix – billets historiques. Échos locaux sur les filières et l’arrestation du 21 juillet 1943, utiles pour recouper la chronologie. https://www.histoirederoubaix.com/index.php/category/gens-de-roubaix/personnages-historiques/ histoirederoubaix.com
La Dives 1944 – Dossier Zéro-France. Synthèse locale illustrée sur l’extension du réseau (Paris, Normandie, Pays de Loire) et ses spécialisations de renseignement. https://www.ladives1944.com/dossiers/z%C3%A9ro-france/La Dives 1944