La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BASSET Raymond Claude François Alias : Claude Mary / Lougres / Gourmette

Raymond Claude François BASSET, né le 1ᵉʳ juillet 1908 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), mort le 10 septembre 1984 à Chessy-les-Mines (Rhône)

Issu d’un milieu ouvrier, fils d’un ajusteur mécanicien mort pour la France en 1914, Raymond Basset suit une formation technique orientée vers l’électricité. Il effectue son service militaire au 134ᵉ RI (1928-1929), qu’il quitte sergent, puis travaille comme mécanicien à la Compagnie électrique de la Grosne et au service des eaux de Chalon-sur-Saône.

Militant aux Jeunesses socialistes et officier de sapeurs-pompiers, il s’enracine dans la sociabilité locale et acquiert des compétences utiles à la future clandestinité.

Mobilisé en 1939, sous-lieutenant dans les corps francs, il refuse l’armistice et dès juillet 1940 prend contact avec des filières d’évasion belges et polonaises actives en Saône-et-Loire.

Il rejoint rapidement l’organisation montée autour de Christian Martell, dite « Brandy », dédiée à exfiltrer pilotes et spécialistes de l’aviation vers l’Angleterre.

Avec André Jarrot et Pierre Guilhemon, Basset contribue en 1942 au passage de plusieurs milliers d’évades et d’agents vers la zone libre puis l’Espagne.

Basset est l’un des cadres opérationnels du réseau d’évasion « Brandy » (BCRA), puis intègre, depuis Londres, la section RF du SOE pour des opérations de sabotage en métropole.

Il relève ensuite, à l’été 1944, de la mission « Gingembre » en lien étroit avec les SAS et les FFI (Région R1).  

Missions et actions

Arrêté à Paris puis livré à la Gestapo, il parvient à s’évader par ruse.

Rappelé à Londres, il est parachuté dans la nuit du 16 au 17 août 1943 près de Gouttières (Puy-de-Dôme) en binôme avec André Jarrot pour la mission « Armada », qui vise à neutraliser l’alimentation électrique de l’arsenal du Creusot.

Dans la nuit du 2 au 3 septembre 1943, ils sabotent avec la résistance locale plusieurs postes et stations à haute tension (Germolles, Lacrost, Saint-Marcel-lès-Chalon, Pont-Jeanne-Rose).

De nouveau parachutés la nuit du 7 au 8 novembre 1943, ils mènent de nouvelles actions « Armada » contre des lignes THT (Éguzon, Paris) et le barrage de Gigny.

En juillet 1944, déployé dans le Rhône, « Mary » coordonne les équipes SAS et les maquis de l’ouest lyonnais ; il fait détruire, le 23 juillet, un train de 46 wagons-citernes à Reventin-Vaugris et contribue aux opérations qui précèdent l’entrée des FFI à Lyon le 3 septembre 1944.

Arrestation / évasion / déportation

Arrêté en 1942 puis remis à la Gestapo, Basset s’évade et rejoint l’Espagne fin 1942 ; interné à Figueras puis Miranda, il gagne enfin Gibraltar et Londres début juin 1943.

Camarades de combat

Ses principaux compagnons d’action sont André Jarrot et Pierre Guilhemon au sein de « Brandy », puis des équipes SAS franco-britanniques et les FFI du Rhône sous l’autorité régionale d’Alban Vistel.

Retour à la vie civile

Après 1945, Basset sert à la DGER, puis travaille dans le secteur de la bijouterie et de la radio, tout en siégeant au Conseil de l’Ordre de la Libération. I

Il décède en 1984 et est inhumé à Saint-Symphorien-sur-Coise.

Décorations

  • Grand officier de la Légion d’honneur,
  • Compagnon de la Libération (décret du 16 juin 1944),
  • Grand officier de l’Ordre national du Mérite,
  • Croix de guerre 39-45 (10 citations),
  • Médaille de la Résistance avec rosette, par décret du 24 Avril 1946
  • Médaille des évadés,
  • Médaille des services volontaires dans la France libre,
  • Distinguished Service Order (GB),
  • Military Cross (GB),
  • Croix de guerre belge,
  • Médaille de la Résistance (Belgique).

Lieux de mémoire

Son action est évoquée dans les musées et bases mémorielles nationaux, notamment à l’Ordre de la Libération et au Musée de la Résistance en ligne, où sont conservés des rapports d’opérations signés de ses pseudonymes.

Références bibliographiques

  • Les services secrets du général de Gaulle. Le BCRA, 1940-1944, Sébastien Albertelli, Perrin, 2009 (rééd. 2018). Ouvrage de référence sur l’organisation et les missions du BCRA, il contextualise la création des réseaux d’évasion comme « Brandy » et éclaire la coopération BCRA-SOE et les plans de sabotage, utiles pour situer les missions « Armada » et « Gingembre ».
  • Les carnets de René Mouchotte, 1940-1943, René Mouchotte, diverses éd. (1949, rééd.). Journal du commandant du Groupe de chasse « Alsace », il restitue le cadre des FAFL où évolue Christian Martell, partenaire de Basset dans la phase des filières d’évasion, et offre un éclairage de première main sur l’environnement opérationnel aérien. Extraits Numilog
  • Histoire des réseaux d’évasion et du SOE en France, M. R. D. Foot (traductions et synthèses diverses). Les travaux de Foot, référence sur le SOE, documentent la logique des opérations clandestines en France et situent les missions « Armada » parmi les campagnes de sabotage coordonnées avec Londres.
  • Dictionnaire historique de la Résistance, sous la direction de François Marcot, Robert Laffont, 2006. Ouvrage de référence pour situer les réseaux, l’appareil du BCRA et l’intégration des forces clandestines dans les FFI. Le lecteur y trouvera des repères solides sur les structures nationales et régionales, utiles pour contextualiser les missions d’action et la montée en puissance de l’été 1944.
  • Histoire de la Résistance en France, Olivier Wieviorka, Perrin, 2013.
  • Synthèse d’ensemble sur l’évolution de la Résistance intérieure, ses temporalités et ses logiques d’organisation. Utile pour comprendre comment des missions d’action et des coordinations avec les maquis s’articulent avec les objectifs militaires alliés.
  • Les réseaux Action de la France combattante (édition électronique), Amicale des Réseaux Action / Fondation de la Résistance, (rééd.) en ligne, 1986 (édition d’origine). Le lecteur y trouvera une mise en perspective des « réseaux action » et de leurs formes de sabotage, avec des récits et documents issus des anciens. Indispensable pour replacer les opérations de sabotage dans leurs objectifs, méthodes et contraintes.
  • Références internet
  • Ordre de la Libération Biographie officielle détaillant l’état civil, les alias, les réseaux d’appartenance, la chronologie des missions et la liste des distinctions. C’est la référence la plus structurante pour sécuriser les faits biographiques et militaires. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/raymond-basset
  • Fondation de la Résistance Documents et dossiers sur le sabotage et les réseaux d’action, mentionnant les missions de sabotage et leur portée stratégique (évitement de bombardements, neutralisation d’infrastructures). Utile pour contextualiser les opérations attribuées à l’équipe Armada.
  • https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/LettreResistance087.pdf
  • Musée de la Résistance en ligne Ressources d’exposition et pages de contexte sur les structures régionales et la Résistance intérieure, permettant de replacer des acteurs dans des cadres territoriaux (ex. région R1).
  • https://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=106&sstheme=1376&stheme=415&theme=210
  • Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD
  • Non : aucune cote nominative de dossier d’homologation (GR 16 P) n’a été confirmée dans les bases SHD consultées en ligne pour cette fiche, à la différence d’autres membres du même ensemble de parachutage.
  • Observations
  • Une divergence interne est relevée sur la date de naissance : l’en-tête de la page de l’Ordre de la Libération affiche « 01 juillet 1908 », tandis que le corps du texte biographique indique « 2 juillet 1908 ». La fiche conserve la date « 2 juillet 1908 » en tête (cohérente avec l’énoncé biographique), et signale la divergence.
  • Photo (si disponible) : une photographie est accessible sur la page de l’Ordre de la Libération (portrait illustré du Compagnon).
  • Sources consultées le 9 février 2026
  • Ordre de la Libération : biographie, état civil, réseaux d’appartenance, chronologie des actions, liste de décorations.
  • Fondation de la Résistance : dossiers et lettres documentant le sabotage et les missions d’action (Armada / Armada II).
  • Musée de la Résistance en ligne : pages de contexte régional (R1) et ressources documentaires.
  • Maitron Résistance : absence confirmée après consultation (aucune notice pertinente retrouvée pour ce nom lors de la recherche).
  • Mémoire des Hommes : site inaccessible au moment de la recherche (erreur 502 lors de la consultation).
  • Musée de la Résistance nationale – Champigny-sur-Marne : site consulté (page institutionnelle), pas de notice nominative trouvée via cette entrée lors de la recherche.
  • Base Léonore : absence confirmée après consultation (aucun résultat pertinent retrouvé par recherche nominative).
  • Gallica BnF : consultée, aucun document probant et nominatif exploitable identifié dans le cadre de cette recherche.
  • Légifrance : consultée, aucune mention nominative confirmée pertinente retrouvée dans le cadre de cette recherche.

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