Simone ALIZON (épouse LE ROUX), née le 24 février 1925 à Rennes (Ille-et-Vilaine), morte le 24 juillet 2013 à Rennes (Ille-et-Vilaine) Alias : Bébé 131
Française, fille d’hôteliers à Rennes, Simone Alizon, dite « Poupette », connaît une santé fragile dans l’enfance. Elle grandit dans l’hôtel familial proche de la gare, où elle prend très tôt des responsabilités d’accueil et de gestion, contexte qui favorisera son engagement clandestin.
À l’automne 1941, elle rejoint avec sa sœur aînée le réseau Johnny. Elle met ses compétences de sténo-dactylographe et ses connaissances linguistiques au service du renseignement et des liaisons. Elle devient agent de renseignement P1 à partir du 15 octobre 1941, puis P2.
Agent du réseau Johnny rattaché à la France combattante, identifiée comme sous-lieutenant de 3e classe et porteuse de l’indicatif « Johnny 131 » selon le Musée de la Résistance en ligne, avec renvoi à une cote nominative SHD.
Depuis l’hôtel familial, elle assure des missions de liaisons et de recel de correspondances, héberge des agents et contribue aux transmissions vers les radios du réseau. Après les coups de filet de début 1942 qui frappent d’abord Quimper, la section rennaise devient particulièrement exposée.
Arrestation / évasion / déportation
Arrêtée à Rennes le 17 mars 1942, elle est détenue à Rennes, transférée à la Santé puis à Fresnes, et internée au fort de Romainville à l’automne 1942. Déportée à Auschwitz par le convoi des « 31 000 » du 24 janvier 1943, elle est ensuite transférée à Ravensbrück puis à Beendorf et au sous-camp de Neuengamme.
Elle est libérée le 3 mai 1945. Les ressources institutionnelles et mémorielles concordent sur cette chronologie.
Camarades de combat
Elle opère en binôme avec sa sœur Marie et au sein du noyau rennais de Johnny ; après-guerre, elle épouse Jean Le Roux, l’un des fondateurs du réseau, et témoigne durablement de l’expérience concentrationnaire.
Retour à la vie civile
Revenue à Rennes en 1945 après un passage sanitaire en Suède, elle reprend une vie civile marquée par la fragilité des séquelles, s’engage dans la transmission mémorielle et publie en 1996 le récit L’exercice de vivre. Elle décède à Rennes le 24 juillet 2013 ; l’inhumation a lieu au cimetière de l’Est (Rennes).
Décorations
- Médaille de la Résistance française par décret du 31 Mars 1947
- Croix de guerre 1939-1945 : distinctions indiquées par la notice du Musée de la Résistance en ligne, renvoyant à un dossier d’homologation SHD ; absence de consultation en ligne d’un décret nominatif.
- Légion d’honneur : attribution en mars 1966 signalée par Bécédia ; à ce stade, « information trouvée sur Bécédia, non confirmée dans les sites officiels en ligne ». Reconnaissance de grade de sous-lieutenant dans la France combattante attestée par la même source.
Lieux de mémoire
Une rue « Marie-et-Simone-Alizon » à Rennes perpétue l’hommage aux deux sœurs résistantes ; Simone figure parmi les « personnalités » mémorielles du cimetière de l’Est de Rennes et dans des expositions publiques consacrées aux déportées du convoi des « 31 000 ».
Notes de prudence et homonymies Pour Simone Alizon, deux dates de décès circulent dans les ressources locales ; l’avis d’obsèques et la base des sépultures rennaises confirment la date du 24 juillet 2013. La mention d’une Légion d’honneur en 1966 figure sur Bécédia ; faute de base officielle nominative en ligne, elle est signalée comme « information trouvée sur Bécédia, non confirmée dans les sites officiels ». Français Libres+2cimetieres.rennes.fr+2
Références bibliographiques
- L’exercice de vivre, Simone Alizon, Stock, 1996. Témoignage de première main sur l’engagement des deux sœurs au sein de Johnny, l’arrestation de 1942, le convoi des « 31 000 », les transferts de camps et le retour.
- Le convoi du 24 janvier, Charlotte Delbo, Les Éditions de Minuit, 1965 (rééd.). Récit-choral devenu référence sur l’unique convoi de résistantes françaises vers Auschwitz, éclairant le vécu collectif dont relève Simone Alizon.
- Histoire de la Résistance en Bretagne, Christian Bougeard, Éditions Jean-Paul Gisserot, 2002. Mise en contexte régionale des réseaux de renseignement et des filières, avec rappel des basculements de Johnny vers Rennes et de la répression de 1942.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne. Notice « Nom de rue à la mémoire de Marie et Simone Alizon » : état civil, statuts P1/P2, indicatif « Johnny 131 », parcours d’internement et de déportation, libération, renvoi aux cotes SHD.
https://museedelaresistanceenligne.org/media9398-Nom-de-rue-la-mmoire-de-Marie-et-Simone-Alizon-rsistantes-dportes-membres-du-rseau-Johnny Musée de la Résistance en Ligne - Bécédia / Bretagne Culture Diversité. « Simone et Marie Alizon, de Rennes à Auschwitz » : arrestations de mars 1942, convoi du 24 janvier 1943, transferts de camps ; mention de la Légion d’honneur 1966 et de l’homologation comme sous-lieutenant.
https://bcd.bzh/becedia/fr/simone-et-marie-alizon-de-rennes-a-auschwitz Bretagne Culture Diversité+1 - Archives nationales. Livret « Déportées à Ravensbrück, 1942-1945 » : pages biographiques consacrées à Marie (1921-1943) et Simone (1925-2013), confirmant arrestations, internements, convoi et libération.
- Ville de Rennes – Cimetières. Page « Sépultures et personnalités » du cimetière de l’Est listant « Simone ALIZON, 1925-2013 ».
https://cimetieres.rennes.fr/accueil/patrimoine/cimetiere_de_lest/sepultures_et_personnalites cimetieres.rennes.fr - Les Français Libres. Notice « Simone Alizon épouse Le Roux » avec avis d’obsèques localisé et date de décès au 24 juillet 2013.
https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=886 Français Libres - Dossier d’homologation cote SHDCotes indiquées par la notice MRN : 16 P 8125 (Marie) ; 16 P 8133 (Simone). Consultation en salle requise pour vérification nominative des mentions de grade et décorations. Musée de la Résistance en Ligne