Joseph BORGNE, né le 22 novembre 1913 à Carhaix-Plouguer (Finistère), mort le 24 juillet 1942 à Suresnes (Hauts-de-Seine)
Originaire de Carhaix-Plouguer, Joseph Borgne exerce à la SNCF à Carhaix comme guichetier et employé aux écritures avant-guerre. Son milieu familial et professionnel l’ancre en Bretagne intérieure, à proximité de réseaux de sociabilité bientôt mis à contribution par la Résistance.
À l’automne 1940, il rejoint la Résistance gaulliste en devenant agent du réseau de renseignement « Johnny », actif en Bretagne pour la surveillance des mouvements de la Kriegsmarine et la transmission d’informations à Londres.
Il est d’abord agent P1, puis P2 à partir de septembre 1941, ce qui traduit une implication devenue permanente dans l’activité clandestine.
Ces éléments sont attestés par le Musée de la Résistance en ligne et corroborés par les notices spécialisées sur les fusillés.
Le Réseau Johnny, est un réseau de renseignement rattaché aux services de la France libre (BCRA), actif en Bretagne à partir de mars 1941. Les finalités du réseau et sa première émission depuis Quimper sont établies par les ressources mémorielles régionales et nationales.
À Carhaix, il participe à l’installation et au fonctionnement d’une antenne radio et à la collecte d’informations utiles aux transmissions vers Londres. La maison où il réside, au-dessus d’un café, sert de point de contact à plusieurs résistants.
Arrestation / évasion / déportation (si applicable)
Arrêté à son domicile le 9 septembre 1941 pour « complicité d’espionnage » et « gaullisme », il est d’abord incarcéré à Angers, puis transféré à Fresnes en décembre 1941.
Jugé par le tribunal militaire allemand de Paris, il est condamné à mort le 16 juillet 1942 et fusillé au Mont-Valérien le 24 juillet 1942.
Sa dernière lettre, écrite à la prison de Fresnes le jour de son exécution, est conservée et publiée par le Mémorial du Mont-Valérien.
Écrite à la prison de Fresnes le 24 juillet 1942, adressée à sa famille le jour de son exécution au Mont-Valérien, la lettre témoigne d’un adieu digne et apaisé, mêlant foi et patriotisme. Il demande du courage aux siens et affirme partir « en bon Français », selon l’analyse publiée par le Musée de la Résistance en ligne.« Je pars sans un regret sans une larme en bon Français et en bon Chrétien. »
Camarades de combat
Ses activités s’inscrivent dans un sous-groupe du réseau Johnny opérant entre Quimper, Carhaix et Rennes, aux côtés de radios et agents identifiés par les bases mémorielles.
Les notices de synthèse mentionnent notamment Jean Lamandé et des liaisons avec d’autres antennes du réseau.
Décorations
- Médaille de la Résistance française : médaillé à titre posthume par décret du 7 juillet 2025 (source : Musée de l’Ordre de la Libération – base des Médaillés).
Cette attribution tardive est officielle ; aucune autre décoration individuelle n’a été trouvée dans les bases officielles consultées.
Lieux de mémoire
Son nom figure parmi les fusillés honorés au Mont-Valérien ; sa dernière lettre est exposée dans la médiathèque numérique du mémorial.
Des évocations locales existent dans les publications d’associations mémorielles bretonnes consacrées aux fusillés et aux résistants finistériens.
Références bibliographiques
- Des agents ordinaires. Le réseau « Johnny » (1940-1943), Emmanuel Couanault, Locus Solus, 2016. Étude de référence issue d’archives de première main sur la genèse, l’organisation et le démantèlement du réseau Johnny. Offre un cadre précis pour situer l’antenne de Carhaix, les transmissions et les arrestations de 1941-1942.
- Les Services secrets du général de Gaulle. Le BCRA 1940-1944, Sébastien Albertelli, Perrin, 2009. Monographie de synthèse sur le BCRA, éclairant les rapports entre réseaux de renseignement français et services alliés, le fonctionnement des liaisons radio et le contexte répressif allemand.
- Histoire de la Résistance en Bretagne, Christian Bougeard, Éditions Jean-Paul Gisserot, rééd. 2002. Panorama régional fournissant le contexte breton des premiers réseaux, dont Johnny, avec des repères chronologiques et géographiques utiles pour Carhaix et la Cornouaille.
Références internet
- Mémoire des Hommes – fiche Joseph Jean BORGNE. Notice officielle « Mort pour la France » précisant l’état civil et la date du décès à Suresnes, avec rattachement aux fusillés du Mont-Valérien.
https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m00523c941b6f64a - Mémorial du Mont-Valérien – “Lettre de Joseph Borgne”. Reproduction et présentation de la dernière lettre écrite à Fresnes le 24 juillet 1942 ; rappel de la condamnation du 16 juillet et de l’exécution le 24 juillet 1942.
https://www.mont-valerien.fr/ressources-historiques/le-mont-valerien-pendant-la-seconde-guerre-mondiale/lettres-de-fusilles/detail-lettres-fusiles/lettres-de-fusilles/borgne-joseph/ - Le Maitron – “BORGNE Joseph, Jean [dit souvent LE BORGNE Joseph]”. Notice biographique et circonstances de l’arrestation, de la condamnation et de l’exécution.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/borgne-joseph-jean-dit-souvent-le-borgne-joseph/ Fusillés 40-44 - Musée de la Résistance en ligne – “Dernière lettre à sa famille de Joseph Borgne, radio du réseau Johnny”. Contexte de l’engagement dans Johnny (P1 puis P2), arrestation du 9 septembre 1941, parcours carcéral.
https://museedelaresistanceenligne.org/media9324-Dernire-lettre-sa-famille-de-Joseph-Borgne-radio-du-rseau-Johnny Musée de la Résistance en Ligne - Ordre de la Libération – base des Médaillés de la Résistance. Fiche “Joseph Jean BORGNE”, mention de la médaille attribuée à titre posthume par décret du 7 juillet 2025.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies/B