La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

PICHARD Michel André

Michel André PICHARD , né le 27 juin 1918 à La Rochelle (Charente-Maritime), mort le 11 septembre 1989 à Paris (6e) – nationalité française

Fils d’un armateur dieppois, il obtient le baccalauréat et entame des études de droit. Appelé dans l’artillerie en 1938, réformé en 1939 puis réintégré à la mobilisation, il se trouve à l’École d’artillerie de Fontainebleau en juin 1940.

Refusant l’armistice, il tente de gagner Londres ; dérouté au Maroc, il s’évade vers Tanger à l’été 1941, rejoint Gibraltar puis l’Angleterre.

Engagé aux Forces françaises libres en août 1941, il est affecté au BCRA ; grièvement blessé à la main lors d’un exercice de sabotage, il reprend l’entraînement et rejoint la Confrérie Notre-Dame (CND) début 1943.

Après trois mois de missions pour la CND à Paris, il passe en mai 1943 à l’OCM puis au Bureau des opérations aériennes (BOA) où il devient responsable de la détection des terrains et de la formation des équipes de réception.

En juillet 1943, il est nommé chef national du BOA. À la suite des arrestations du 21 mars 1944 qui frappent son bureau parisien, il reconstitue l’organisation et installe son PC à Vesoul en mai 1944.

Ses appartenances successives et cumulées sont officiellement listées : Confrérie Notre-Dame (CND), Organisation civile et militaire (OCM), Bureau des opérations aériennes (BOA) du BCRA, puis DGER (septembre 1944-janvier 1946).

Coordinateur BOA pour les blocs de l’Est (régions C, D, P3), il organise le maillage des terrains et les procédures de parachutages destinés aux maquis.

Le 20 juillet 1944, il est parachuté en Bretagne pour la mission « Aloès » en liaison avec les SAS du 2e RCP. Le 11 août 1944, il est parachuté de nouveau en Haute-Marne comme délégué militaire départemental (DMD) dans le cadre de la mission « Anis », avec sa sœur Cécile et le radio Maurice Roschbach ; sur place, il met en place les réceptions aériennes et, avec le chef départemental FFI, arme près de 5 000 maquisards.

Un témoignage contemporain sur Paris confirme qu’il échappe de peu à une arrestation lors d’un rendez-vous, la veille des rafles visant son équipe.

Arrestation / évasion / déportation

Aucune arrestation ni déportation avérées ; il échappe aux coups de filet de mars 1944 qui désorganisent temporairement son équipe parisienne.

Camarades de combat

Parmi ses plus proches collaborateurs et compagnons de mission figurent Cécile Pichard (« Altesse »), Maurice Roschbach (radio), les SAS du 2e RCP en Bretagne, ainsi que les responsables régionaux des FFI et de la DMR dans les régions C et D au moment de la mise en œuvre des plans d’approvisionnement (« Aloès », « Anis »).

Retour à la vie civile

Détaché à la DGER de septembre 1944 à janvier 1946, il poursuit ensuite une carrière civile : fondé de pouvoir bancaire à New York, séjour au Canada à partir de 1959, puis négociant en produits tropicaux à son retour en France (1962).

Décorations

  • Compagnon de la Libération par décret du 16 juin 1944 (remise le 14 juin à Londres).
  • Médaille de la Résistance avec rosette par décret du 31 Mars 1947
  • Officier de la Légion d’honneur ;
  • Croix de guerre 1939-1945 ;
  • Ordre de l’Empire britannique (OBE) ;
  • Officier de l’Ordre de Léopold (Belgique).

Les distinctions énumérées sont confirmées par la notice officielle de l’Ordre de la Libération ; à défaut de date de décret pour la Médaille de la Résistance dans cette notice, l’information est donnée sans précision de date.

Lieux de mémoire

Inhumé au cimetière de Janval (Dieppe, Seine-Maritime) ; aucune voie publique identifiée à son nom dans les bases consultées au moment de la recherche.

Références bibliographiques

  • L’espoir des ténèbres. Parachutages sous l’Occupation. Histoire du BOA, Michel Pichard, Éditions Erti, 1990.Récit de première main par le chef national du BOA : organisation, procédures, sécurisation des terrains, bilans région par région et rôle des liaisons avec Londres. Indispensable pour comprendre la logistique clandestine des parachutages.
  • 1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, 2000. Synthèse prosopographique et narrative sur l’Ordre de la Libération ; situez le parcours de Pichard parmi ses pairs, avec notices documentées et renvois aux archives.
  • Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Élytis, 2010. Répertoire biographique fiable des Compagnons ; notice « Michel Pichard » avec repères chronologiques (CND, OCM, BOA, missions 1944) et état des décorations.
  • Nous atterrissions de nuit, Hugh Verity, Vario, 1999. Mémoire d’un organisateur britannique des liaisons aériennes spéciales ; éclaire, côté RAF/SOE, les paramètres des opérations d’atterrissages et parachutages auxquelles coopère le BOA.

Références internet

Service historique de la Défense (SHD) — Entrée d’archives « Michel Pichard / BOA CDP 3 » (fonds remis au SHD en 1990, inventaires et contenus).
https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1483240

Ordre de la Libération — Notice officielle « Michel PICHARD » (état civil, alias, parcours CND/OCM/BOA, missions « Aloès » et « Anis », fonctions DMD, liste des décorations).
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/michel-pichard

Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance – AERI) — Fiche « Michel, André PICHARD » (CND, OCM, BOA ; chef des opérations BOA bloc Est). Dossier thématique « Parachutages » citant son ouvrage.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=28954 https://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=54&sstheme=479&stheme=221&theme=97

Les Français Libres — Fiche « Michel André Pichard » récapitulant les deux parachutages de l’été 1944 (mission « Aloès » ; mission « Anis » en Haute-Marne comme DMD).
https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=90713

Chemins de mémoire (Ministère des Armées) — Article « Les transmissions au service de l’action » mentionnant Pichard (chef du bloc Est BOA) et liaisons câblées avec Londres.
https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/les-transmissions-au-service-de-laction Chemins de Mémoire

La Résistance à Paris – Rue par rue — Notice sur l’arrestation de l’agent Pierre Manuel lors d’un rendez-vous ; confirme l’environnement immédiat de Pichard au BOA (mars 1944).
https://www.libreresistance.com/wp-content/uploads/2018/05/LA-RÉSISTANCE-À-PARIS.pdf

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