Louis FRIZOT, né le 26 septembre 1895 à Pagny-le-Château (Côte-d’Or), mort fusillé le 31 août 1940 à Dijon (Côte-d’Or) – Français
Ouvrier agricole originaire de la plaine de Saône, Louis Frizot grandit et travaille dans le secteur de Pagny-le-Château et de Charrey-en-Plaine (aujourd’hui Charrey-sur-Saône).
Son engagement ne relève pas d’un réseau constitué : le Maitron le qualifie de « résistant individuel ».
Aucune appartenance à une organisation (FFI, FTPF, réseaux BCRA ou SOE) n’est attestée pour l’été 1940 en Côte-d’Or dans son cas ; le dossier le situe du côté d’un geste de sabotage isolé, emblématique des tout premiers actes de refus recensés dans le département.
Arrestation exécution
Très tôt après l’entrée des troupes d’occupation à Dijon en juin 1940, Louis Frizot manifeste une volonté de refus.
Arrêté le 1er août 1940 à Charrey-en-Plaine, il est jugé par un tribunal militaire allemand pour sabotage d’une ligne téléphonique de l’armée d’occupation, acte commis selon les documents locaux à l’aide de sa charrue.
Le 31 août 1940, il est conduit au stand de tir de Montmuzard, à Dijon, où il est fusillé.
Il est communément présenté par les sources croisées comme le premier fusillé de Côte-d’Or et le premier exécuté à Montmuzard durant l’Occupation.
La procédure est celle, typique de la période 1940-1941 en zone occupée, de la saisie par la Feldkommandantur et du renvoi devant un tribunal de guerre.
Aucune indication d’incarcération préalable à Montluc n’apparaît ici, l’affaire étant strictement dijonnaise.
Après l’exécution, conformément aux pratiques constatées à Dijon, les corps sont inhumés au cimetière des Péjoces, dans des emplacements ultérieurement regroupés en carré mémoriel des fusillés.
Aucun camarade de combat n’est associé à son dossier, la coupure de ligne étant attribuée à sa seule initiative. Sa trajectoire s’achève avec l’exécution ; il n’y a donc pas de retour à la vie civile.
Aucune décoration n’est confirmée dans les bases officielles ouvertes au public. Son nom n’apparaît ni parmi les Compagnons de la Libération, ni dans la base publique des Médaillés de la Résistance française, ni dans la base Léonore de la Légion d’honneur. En l’absence de décret nominatif ou de dossier, aucune distinction ne peut être retenue à ce jour. (La base des Médaillés de la Résistance est annoncée comme non exhaustive par l’Ordre de la Libération.)
La mémoire de Louis Frizot est indissociable du site de Montmuzard, principal lieu d’exécutions dijonnais entre 1940 et 1944. Le « mur des fusillés » de Montmuzard et le carré des fusillés au cimetière des Péjoces constituent les lieux de mémoire directement liés à son exécution. Les publications patrimoniales de la Ville de Dijon et les synthèses mémorielles locales rappellent qu’il fut le premier fusillé du site.
Références bibliographiques
- Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés (1940-1944), dir. Claude Pennetier, Jean-Pierre Besse, Thomas Pouty, Delphine Leneveu, Éditions de l’Atelier, 2015. Ouvrage de référence qui réunit des milliers de notices individuelles et de lieux d’exécution, adossé aux dossiers « Mort pour la France » et aux archives judiciaires allemandes ; il fournit le cadre critique et les références primaires utiles pour les premiers fusillés de Côte-d’Or, dont Montmuzard.
- Occupation, Résistance, Libération à Dijon (1940-1944), Ville de Dijon – Direction du patrimoine, 2025. Dossier de synthèse illustré sur l’Occupation à Dijon, la répression et les lieux de mémoire ; il rappelle le rôle de Montmuzard, la chronologie des exécutions et la place inaugurale du cas Frizot.
- Entrer en Résistance. Dossier éducatif, Archives départementales de la Côte-d’Or (ADCO), 2019. Cahier pédagogique consacré aux débuts de la Résistance locale ; une page est dédiée à Louis (Paul) Frizot, arrêté le 1er août 1940 et fusillé le 31 août 1940, replacé parmi les premiers actes individuels de sabotage en Côte-d’Or.
Références internet
- Le Maitron – « FRIZOT Louis ». Notice biographique confirmant l’état civil (1895, Pagny-le-Château), la profession (ouvrier agricole), l’arrestation en août 1940 à Charrey-en-Plaine et l’exécution à Montmuzard le 31 août 1940 ; qualifié de « résistant individuel ».— URL : https://fusilles-40-44.maitron.fr/frizot-louis/
- Musée de la Résistance en ligne / ADCO – « Entrer en Résistance » (CNRD 2019-2020). Dossier PDF ; fiche consacrée aux premiers actes individuels avec le cas « Louis (Paul) Frizot » : arrestation le 1er août 1940, condamnation pour sabotage de ligne téléphonique, exécution à Montmuzard le 31 août 1940.
https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/375.pdf - *Résistants-Déportés 21 – « Le stand de tir Montmuzard et le cimetière des Péjoces ». Synthèse locale sur le lieu d’exécution et le mémorial ; rappelle le bilan des fusillés à Montmuzard et renvoie vers les notices nominatives du Maitron.— URL : https://www.resistantsdeportes21.com/elements-1/dijon-le-stand-de-tir-montmuzard-et-le-cimeti%C3%A8re-des-p%C3%A9joces
- *Ville de Dijon – Parcours « Résistance et répression dans Dijon occupé ». Support patrimonial mentionnant Montmuzard, son rôle entre 1940 et 1944 et la qualité de « premier fusillé » de Louis Frizot le 31 août 1940.— URL : https://www.calameo.com/books/00117093621aaceca4f5a
- Archives départementales de la Côte-d’Or – « Le Fort d’Hauteville-lès-Dijon… (1941-1944) ». Focus historique en ligne et brochure 2024/2025 rappelant explicitement que « Paul Frizot » (variante d’usage) est fusillé à Dijon le 31 août 1940 pour dégradation d’un câble téléphonique allemand ; confirme le caractère inaugural de cette exécution en Côte-d’Or.
https://archives.cotedor.fr/v2/site/AD21/Decouvrir/Documents_du_mois/Publications_en_2024_dernieres_publications/Septembre_-_Le_Fort_dHauteville-les-Dijon_annexe_de_la_Maison_darret_de_Dijon_1941-1944 Archives Côte-d’Or
Avertissement sur homonymie et variantes : les documents patrimoniaux locaux emploient parfois « Paul Frizot ». Le Maitron, base biographique de référence, retient « Louis Frizot » avec état civil complet. L’expression « Louis (Paul) Frizot » utilisée par l’ADCO a été conservée ici comme variante d’usage, la forme « Louis Frizot » restant la désignation principale.