Pierre CARTELET, né le 26 janvier 1912 à Taillette (Ardennes), mort fusillé le 27 juin 1944 à Castelmaurou (Haute-Garonne)
Fils d’un préposé des Douanes, Pierre Cartelet suit l’École normale d’instituteurs de Charleville-Mézières et exerce le métier d’instituteur dans les Ardennes.
Mobilisé en 1939, fait prisonnier en juin 1940, il s’évade d’un stalag.
Revenu en zone sud, il entre aux Compagnons de France, structure légale du régime de Vichy qu’il utilise comme couverture pour ses activités clandestines. Ces éléments sont établis par les synthèses régionales et enquêtes mémorielles consacrées à son parcours ardennais et toulousain.
À partir de 1942, Pierre Cartelet agit dans les Pyrénées-Orientales et en Haute-Garonne. Il aide à constituer et encadrer des groupes de résistants skieurs-éclaireurs en Cerdagne et Capcir, organise des liaisons et filières de passage, et participe au recueil et à l’acheminement d’aviateurs et volontaires vers l’Espagne et l’Afrique du Nord.
Des témoignages d’époque évoquent des messages adressés « de Barcelone à Pierre Cartelet », soulignant son rôle de pivot des passages.
Les sources associatives identifient une triple appartenance : le réseau de renseignement Alliance, le réseau Bourgogne et l’ORA (Organisation de Résistance de l’Armée) dans les Pyrénées-Orientales.
Le Maitron des fusillés le classe parmi les résistants exécutés sommairement et le cite au sein des ensembles ORA et Pyrénées-Orientales.
Missions et actions
Chef départemental des Compagnons de France à Perpignan tout en menant une activité clandestine, il met sur pied des liaisons, collecte de renseignements et passages clandestins, coopérant étroitement avec les filières venues de Haute-Savoie.
Le Maitron consacre à Charles Blanc une notice qui décrit la chaîne Perpignan-Espagne où « les aviateurs étaient confiés à Pierre Cartelet », ce qui éclaire le rôle opérationnel de ce dernier dans la logistique des passages.
Arrestation / évasion / déportation
Recherché par la Gestapo de Perpignan, il gagne Toulouse.
Le 11 mai 1944, il est arrêté place Esquirol en même temps que le colonel Joseph Guillaut (chef régional ORA) et le lieutenant Noël Pruneta.
Incarcéré et torturé à la prison Saint-Michel, il est extrait à l’aube du 27 juin 1944, conduit par des éléments de la division SS Das Reich dans le bois de la Reulle, près de Castelmaurou, et fusillé avec quatorze autres résistants.
Les enquêtes locales, articles de presse et dossiers du Maitron confirment les circonstances et la date de l’exécution.
Camarades de combat
Son action croise celle de Charles Blanc pour l’acheminement vers l’Espagne ; dans l’ORA, il opère aux côtés du colonel Joseph Guillaut.
Décorations
- La mention « Mort pour la France » est attestée par les corpus mémoriels et la synthèse historique locale.
- Médaille de la Résistance à titre posthume par décret du 15 octobre 1945
Aucune trace de Légion d’honneur ni d’Ordre de la Libération n’a été trouvée.
Lieux de mémoire
Son nom est associé à la stèle et à la clairière du bois de la Reulle (Castelmaurou/Gragnague, Haute-Garonne), lieu d’exécution des quinze fusillés du 27 juin 1944, et figure dans les relevés mémoriaux départementaux. Des commémorations se tiennent chaque année sur le site.
Références bibliographiques
- Les Fusillés 1940-1944. Dictionnaire biographique, Claude Pennetier (dir.), Jean-Pierre Besse, Thomas Pouty, Denis Peschanski et al., Éditions de l’Atelier, 2015. Ouvrage-référence issu du Maitron, il rassemble les biographies des exécutés et fusillés en France sous l’Occupation, documentant arrestations, contextes locaux, réseaux et circonstances d’exécution. La notice « Castelmaurou, bois de la Reulle » éclaire le cadre de l’exécution du 27 juin 1944.
- La ligne de démarcation (15). Un tour de France du courage, Claude-R. Maillé (dir.), Perrin, 2017 (extrait consultable) Recueil de témoignages et récits sur les filières de passage et l’aide aux évadés ; il signale explicitement des messages « de Barcelone pour Pierre Cartelet », confirmant son rôle dans les liaisons et passages vers l’Espagne. L’ouvrage contextualise les réseaux et les itinéraires clandestins.
Références internet
- Maitron – Dictionnaire des fusillés, exécutés, massacrés 1940-1944
Notice « Castelmaurou (Haute-Garonne), bois de la Reulle, 27 juin 1944 » ; rappel des quinze fusillés, du rôle de la division Das Reich et du cadre répressif régional.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/castelmaurou-haute-garonne-bois-de-la-reulle-27-juin-1944/ Fusillés 40-44 - Maitron – Notice Charles BLANC Mentionne la chaîne de passage Perpignan-Espagne et le fait que les évadés étaient « confiés à Pierre Cartelet », éclairant la coopération inter-régionale des filières.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/blanc-charles-clement-pseudonyme-dans-la-resistance-eugene/ Fusillés 40-44 - Mémorial François-Verdier – Dossier « Bois de la Reulle »Dossier thématique (contexte des arrestations, trajectoires des fusillés, récits circonstanciés du 27 juin 1944) ; suit les identifications par ADN (2012-2017), dont celle de Pierre Cartelet en 2014.
https://francoisverdier-liberationsud.fr/tag/pierre-cartelet/ Mémorial François Verdier Forain - Groupe de recherche du bois de la Reulle Site local dédié aux enquêtes, identifications (ADN), commémorations et synthèses biographiques des fusillés, incluant la page « Retour de Pierre Cartelet à Tournes ».
https://www.les-fusilles-du-bois-de-la-reulle.fr/ Groupe de recherche du bois de la Reulle+1 - Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance) – Base nominative
Présence de l’entrée « Pierre CARTELET » et contexte méthodologique de la base personnes.
https://museedelaresistanceenligne.org/liste-personne.php Musée de la Résistance En Ligne - Mémorial GenWeb – relevés
Plusieurs relevés mémoriaux mentionnant Pierre Cartelet (Castelmaurou, Ardennes, Paris) ; l’un signale la Médaille de la Résistance (information communautaire, non confirmée sur bases officielles).
https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?dpt=31&idsource=52743&insee=31228&pays=France Mémorial GenWeb