La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

VERDUN Henri

Henri VERDUN, mort le 18 janvier 1944 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)

Magistrat de carrière, docteur en sciences juridiques et licencié ès lettres. Il publie dès 1922 une étude sur la correctionnalisation (« Des pratiques judiciaires de correctionnalisation », Aix, Imprimerie d’Éditions Paul Roubaud), où il se présente comme avocat à la cour d’appel et attaché au parquet du procureur général à Aix-en-Provence.

En 1942, au faîte d’une carrière désormais aixoise, il fait paraître un extrait des Annales de la Faculté de droit d’Aix-en-Provence sur « L’Œuvre de la Cour criminelle des Échelles du Levant et de Barbarie », rappelant le ressort ultramarin ancien de la cour d’Aix.

Identifié comme président de chambre près la cour d’appel d’Aix-en-Provence et président de la section spéciale, juridiction d’exception instaurée par Vichy en août 1941. Il condamna notamment le Groupe ALEXANDER à l’emprisonnement au Fort VAUBAN à Nimes.

En tant que président de chambre d’Aix, Henri Verdun participe au fonctionnement de la justice d’exception voulue par le gouvernement de Vichy : procédures expéditives, absence d’instruction en flagrant délit, jugements sans motivation, exécution immédiate et impossibilité de recours.

Les inventaires des Archives départementales des Bouches-du-Rhône (fonds 8 W – Section spéciale de la cour d’appel d’Aix, 1943-1944) documentent l’activité de cette juridiction.

Circonstances de la mort

Henri Verdun est abattu à Aix-en-Provence le 18 janvier 1944 par un groupe de la Résistance (détachement Marat, FTP-MOI). Un rapport de gendarmerie du 18 janvier 1944, conservé aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône, constate l’assassinat.

Les notices précisent qu’il avait reçu des menaces liées à sa fonction au sein de la section spéciale ; plusieurs sources situent l’attaque dans le centre d’Aix, à l’angle des rues Mistral et Cardinale.

Décorations

Décoré de la Légion d’honneur par Vichy.

Aucune autre décoration française ou étrangère n’a été retrouvée dans les bases officielles consultées

Attention à l’homonymie : un dossier Léonore « Henri Paul Verdun (né 1866) » existe, mais l’attribution à notre magistrat n’est pas prouvée et n’est donc pas retenue. Musée de l’Ordre de la Libération

Variantes et homonymes

Le nom est parfois orthographié « Henry » dans des sources secondaires. À ne pas confondre avec le compositeur de cinéma « Henri Verdun » (Maurice Castelain), actif entre 1930 et 1958, sans rapport avec le magistrat aixoise.

Références bibliographiques

  • Robert Mencherini, Midi rouge, ombres et lumières. Tome 3 : Résistance et Occupation (1940-1944), Syllepse, 2011. Synthèse régionale de référence pour la Provence en guerre, ce volume détaille les organisations de Résistance, la répression (police, Gestapo, sections spéciales) et les dynamiques locales à Marseille et Aix. On y trouve de nombreux exemples de procédures et d’attentats en 1943-1944, utiles pour contextualiser l’exécution du juge Verdun.
  • Grégoire Georges-Picot, L’innocence et la ruse. Des étrangers dans la Résistance en Provence, Tirésias, 2011. Étude consacrée aux FTP-MOI et aux parcours de résistants étrangers en Provence. L’ouvrage éclaire les actions du détachement « Marat » en janvier 1944 et resitue l’exécution du magistrat aixoise dans la stratégie des groupes francs.
  • Jean-Pierre Jean (dir.), Juger sous Vichy, juger Vichy, La Documentation française, 2018. Ouvrage collectif sur les mécanismes judiciaires du régime de Vichy et leur relecture après 1944. Il replace la création des sections spéciales (loi du 14 août 1941) et cite les éliminations ciblant des magistrats impliqués dans cette justice d’exception, dont l’attaque contre Verdun à Aix (18 janvier 1944).
  • Jean-Louis Gazzaniga, « La jurisprudence de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence au XIXe siècle », in La Cour d’appel d’Aix-en-Provence. Colloque des 11-12 décembre 1992, Presses universitaires d’Aix-Marseille, 1994.
    Chapitre utile pour l’arrière-plan historique de la cour d’Aix et son ressort (notamment les « Échelles du Levant »), permettant de comprendre la culture juridique locale dans laquelle évolua Henri Verdun.
  • Henri Verdun, L’Œuvre de la Cour criminelle des Échelles du Levant et de Barbarie, extrait des Annales de la Faculté de droit d’Aix-en-Provence, n° 34, 1942. Texte signé par Verdun lui-même, révélateur de ses centres d’intérêt et de son positionnement professionnel ; utile pour attester sa qualité et sa fonction à Aix en 1942.

Références internet

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