Opération Scullion 2 (nuit du 16–17 août 1943) fut un raid commando organisé par le SOE britannique, section F, visant une nouvelle fois la raffinerie stratégique des Télots, près d’Autun (Saône-et-Loire).
Durant la nuit du 16 au 17 août 1943, six agents furent parachutés, précédés quatre jours plus tôt par le radio George Demand, chargé de préparer le terrain.
Dans la nuit du 20 au 21 août, les charges explosives furent posées à plusieurs endroits de l’usine, provoquant des perturbations temporaires dans la production.
Seuls le chef d’équipe, Hugh Dormer, et un sergent purent regagner l’Angleterre ; les autres furent capturés et détenus à Fresnes avant d’être déportés au camp de concentration de Flossenbürg, où plusieurs furent exécutés
La raffinerie des Télots représentait une ressource énergétique précieuse pour la Wehrmacht, produisant du carburant synthétique à partir de schiste bitumineux.
Après l’échec de la première tentative (Scullion 1 en avril 1943), le SOE relança l’opération avec une meilleure préparation. La mission faisait partie de la stratégie alliée visant à affaiblir les capacités industrielles allemandes en France occupée.
Héros et figures marquantes
La mission était dirigée par Hugh DORMER, chef d’équipe, assisté de George DEMAND (radio), Philip AMPHLETT, Charles BIRCH, Harry GRAHAM, David SIBREE alias « Morand » et Victor SOSKICE alias « Solvay ». Tous étaient agents de la section F du SOE .
Victimes
Plusieurs membres de l’équipe furent capturés lors de la retraite. David Sibree, arrêté, fut ensuite emprisonné à Fresnes, déporté à Flossenbürg où il fut exécuté le 29 mars 1945 ([turn0search23]). Victor Soskice suivit un sort similaire (exécution en captivité)
Survivants
Seuls Hugh Dormer et un sergent parvinrent à échapper à la capture et regagnèrent l’Angleterre Ces survies permirent d’alimenter la mémoire collective sur le raid et d’alimenter les évaluations ultérieures des capacités du SOE à mener des raids similaires.
Conséquences
Militairement, l’incursion provoqua des dégâts mineurs mais symboliquement, elle souligna la détermination alliée à frapper les infrastructures stratégiques.
En représailles, des miliciens exécutèrent plusieurs jeunes ouvriers (français et polonais) ainsi que le père de l’un d’eux. À long terme, la production de carburant reprit partiellement, utilisée notamment par la Première Armée française durant la Libération .
Mémoire et lieux commémoratifs
La mémoire des agents tombés lors de l’opération est honorée au mémorial national du Valençay, dédié aux agents de la section F tombés en service.
Références bibliographiques
- Michael R. D. Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d’Action (SOE) en France 1940-1944, annoté par Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008. L’ouvrage sert de référence historiographique sur les opérations clandestines du SOE, y compris les raids coup de main tels que Scullion-1 et Scullion-2.
Références internet
- Wikipédia – Raids Scullion : présente la chronologie des opérations Scullion, les participants, les pertes, les représailles et les répercussions locales. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Raids_Scullion
- Alan Malcher (historien SOE) – David Sibree : SOE Operation Scullion II : détaille l’expérience de David Sibree, agent parachuté, capturé, et exécuté, avec indication de la mission et des suites.
URL : https://alanmalcher.com/2023/11/10/david-sibree-soe-operation-scullion-ii - Alan Malcher – Philip Amphlett : SOE Operation Scullion II : rappelle le parachutage de Philip Amphlett et son sort tragique.
URL : https://alanmalcher.com/2023/04/09/philip-amphlett-soe-operation-scullion-ii