Tentative de tunnel d’évasion au camp de Drancy (septembre 1943)
En septembre 1943, une soixantaine de détenus juifs du camp de transit de Drancy entreprennent de creuser un tunnel long d’environ 38,5 mètres, haut de 1,30 mètre et large entre 60 et 80 cm, depuis la cave de l’escalier 21 sous le bureau du doyen Robert Blum jusqu’à un abri souterrain situé derrière les barbelés, avenue Jean‑Jaurès.
Le chantier est organisé par équipes alternées de jour comme de nuit, avec des étayeurs en bois et éclairage rudimentaire.
L’évasion, prévue initialement pour le 11 novembre 1943, est découverte par les SD le 9 novembre. Une tenue est retrouvée dans le tunnel ce qui conduit à l’arrestation de quatorze personnes, qui subissent interrogatoire et torture, tandis que le tunnel est rebouché au ciment par les SS
Le projet s’inscrit dans un contexte où Drancy est un camp de transit central dans la déportation des Juifs de France vers Auschwitz.
Les participants, souvent membres de réseaux de résistance comme le FTP-MOI, profitent de l’isolement relatif des caves pour organiser cet acte de solidarité et de défi .
Héros et figures marquantes
Parmi les initiateurs figuraient Robert Blum alias Beaudricourt, colonel du mouvement Combat dans le Var, et Georges Kohn.
Le dernier tunnelier encore vivant, Eugène Handschuh, est mentionné parmi ceux qui ont creusé.
D’autres participants célèbres incluent Jean Cahen‑Salvador, Gisèle Gonse‑Boas, Eugène Handschuh et Robert Manuel — tous membres ou proches des réseaux de résistance .
Victimes
Aucun décès n’est enregistré immédiatement lors de la découverte du tunnel, mais quatorze participants sont arrêtés, interrogés de manière brutale, torturés et déportés dans la foulée vers les camps de la mort .
Survivants
Paradoxalement, certains des internés arrêtés parviennent à s’échapper du train de déportation en route vers Auschwitz, regagnant ainsi la liberté. Tous sont supposés avoir survécu.
Cette tentative met en lumière l’esprit de résistance, de solidarité et le courage collectif des internés, malgré l’échec matériel.
Elle ne modifie pas le fonctionnement global du camp, mais elle symbolise une forme de lutte clandestine au sein d’un dispositif d’extermination .
Mémoire et lieux commémoratifs
Le site lui-même, la cité de la Muette, est inscrit parmi les monuments protégés depuis 2001, y compris le tunnel découvert. Le mémorial de la Shoah à Drancy, inauguré en 2012 face au camp, rend hommage à l’ensemble des déportés, sans consacrer un lieu spécifique à cet événement .
Références bibliographiques
Fuir un dispositif d’extermination. L’évasion de l’équipe du tunnel de Drancy du 62e convoi de déportation (Tanja von Fransecky*, Histoire@Politique*, n° 32, 2017) offre une analyse approfondie de cette tentative et de ses implications OpenEdition Journals.
Références internet
- Tunnel au camp de Drancy, page Wikipédia : décrit la genèse, les dimensions, les initiateurs, la découverte, les arrestations et la répression du projet Yad Vashem+14Wikipédia+14Wikipédia+14. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tunnel_au_camp_de_Drancy
- Les évadés de Drancy, documentaire référencé par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah : relate la tentative de tunnel, l’arrestation et certains évadés du train Wikipédiafondationshoah.org+2Mémorial de la Shoah de Drancy+2. URL : https://www.fondationshoah.org/memoire/les-evades-de-drancy