La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

DREYFUS Jean Émile

Jean Émile DREYFUS, né le 25 mars 1913 à Alger, mort le 8 novembre 1942 à Alger.

Issu d’une famille juive française d’Alger, Jean Dreyfus effectue ses études supérieures à la faculté de médecine d’Alger. Il devient médecin et s’engage dès les premières années de l’Occupation dans les activités de la résistance clandestine à Alger.

Jean Dreyfus rejoint le groupe de résistance fondé par José Aboulker et Roger Carcassonne, actif à Alger dès 1941, visant à préparer le soutien au débarquement allié. Il s’engage pour combattre le régime de Vichy et préparer l’accès au pouvoir de la France libre.

Il fait partie du réseau résistant d’Alger dirigé par José Aboulker, engagé dans la préparation de l’opération Torch. Source : Ordre de la Libération.

Le 8 novembre 1942, Jean Dreyfus est affecté à la neutralisation du central téléphonique de la Grande Poste d’Alger. Il pénètre avec son groupe dans les lieux et engage un affrontement avec les forces vichystes.

Blessé par balle lors de l’assaut, il succombe à ses blessures dans la journée.

Son action a permis de retarder les communications entre le haut commandement vichyste et ses forces, facilitant ainsi le débarquement allié.

Sur le site de l’Ordre de la Libération le récit des circonstances de sa mort.

« Le 8 novembre 1942 à l’aube, chargé de neutraliser les services de la poste centrale d’Alger et d’interdire ainsi toute communication avec la métropole, il investit la Grande Poste à la tête d’une quinzaine d’hommes. Jean Dreyfus coupe le central téléphonique qui dessert le centre d’Alger. Il tient la position face à un engin blindé du 5e Régiment de chasseurs d’Afrique et des fusils-mitrailleurs. Il refuse de se rendre et les assaillants ouvrent le feu sur la Poste. Au bout d’une heure, considérant le but de sa mission atteint, le lieutenant Jean Dreyfus décide de sortir pour parlementer ; après un moment de discussion, il retourne auprès de ses volontaires. C’est à ce moment-là qu’il est tué dans le dos d’une rafale de fusil-mitrailleur par un sous-officier. »

Camarades de combat

Il agit en lien avec les membres du groupe Aboulker, notamment Bernard Amiot, Stanislas Cviklinski, et Alfred Pillafort, affectés à d’autres secteurs d’Alger durant l’opération.

Décorations

  • Compagnon de la Libération par décret du 13 Mars 1943 à titre posthume.
  • Médaille de la Résistance, décret du 31 mars 1947.
  • Mention “Mort pour la France” portée à l’état civil.

Lieux de Mémoire

Son nom figure sur la plaque commémorative du central téléphonique de la Grande Poste à Alger et sur le Mémorial du Mont-Valérien.

Références bibliographiques

  • Les oubliés du 8 novembre 1942, sous la direction de José Aboulker, éd. L’Harmattan, 1992. Cet ouvrage rend hommage aux résistants tombés lors du soulèvement d’Alger, notamment Jean Dreyfus, en soulignant le rôle central de leur action dans la réussite du débarquement allié.
  • La Résistance en Afrique du Nord, Charles-Robert Ageron, CNRS éditions, 1997. L’auteur retrace les grandes lignes des réseaux de Résistance en Afrique du Nord, dont celui d’Alger, et évoque les figures telles que Dreyfus.
  • Les Compagnons de la Libération – dictionnaire biographique, B. Garnier, C. Hamon, Fondation de la France Libre, 2010. Biographie détaillée des Compagnons de la Libération, dont Jean Dreyfus.
  • Libération de l’Algérie, 8 novembre 1942, Albert Chambon, France Empire, 1958. Témoignage sur les événements militaires et civils ayant conduit à la libération d’Alger, avec mentions précises des actions de la Résistance locale.

Références internet

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