Louis‑Alexandre AUDIBERT est né le 18 juillet 1874 à Bordeaux (Gironde) et décédé le 19 septembre 1955 à Gorges (Loire‑Atlantique). Issu d’une famille de négociants bordelais, il est diplômé de l’École Spéciale Militaire de Saint‑Cyr puis officier de cavalerie. Avant la guerre, il est professeur à l’École supérieure de guerre, puis commande diverses unités, notamment la 3ᵉ division de cavalerie à Paris.
Opposé au régime de Vichy, il quitte ses fonctions politiques (PSF) et rejoint la Résistance. En juin 1943, Libération‑Nord prend contact avec lui pour lui confier le commandement militaire de l’Armée Secrète pour la région Ouest (5 départements bretons). Il reçoit le pseudonyme « Bertrand » en tant que chef de l’A.S. régionale.
Libération‑Nord (branche militaire : Armée Secrète) et l’Organisation civile et militaire (OCM) de Bretagne, auxquelles il contribue activement à unifier les mouvements résistants.
Du 1ᵉʳ août 1943, il supervise la structuration des réseaux de résistance dans tout l’Ouest, nommant des chefs de zones et mettant en place des filières de parachutage, d’approvisionnement et de coordination opérationnelle pour préparer l’insurrection à l’approche du débarquement. Il dispense aussi sa connaissance stratégique militaire aux groupes clandestins.
Arrestation / déportation
Arrêté le 17 mars 1944 à Malestroit (Morbihan), où il se réfugia sous le nom de « Lambert », puis interrogé à Vannes, torturé (il perd partiellement l’audition) ensuite déporté au camp de Buchenwald via le convoi I.265 du 17 août 1944. Il survit et est libéré par l’armée américaine (commandée par le général Patton). Son épouse Claire Doré‑Graslin, arrêtée également, est déportée à Ravensbrück où elle meurt en mai 1944 après s’être substituée à une jeune fille de 18 ans.
Camarades de combat
Son adjoint militaire commandant Eraud (nom de guerre « Harold ») est confirmé comme second à ses côtés pour les zones militaires. Tanguy Prigent est coordonnateur civique, collaboration étroite avec le représentant de Libération‑Nord en Finistère.
Retour à la vie civile
Après sa libération, il est élu député de la Loire‑Inférieure (Loire‑Atlantique) le 21 octobre 1945 pour la première Constituante (groupe PRL), puis abandonne la vie politique dès le 10 juin 1946, avant de se retirer au château de l’Oiselinière à Gorges, où il meurt en 1955.
Décorations
- Grand-croix de la Légion d’honneur (décret du 29 décembre 1948, à titre vivant) pour services exceptionnels de guerre et de résistance,
- Médaillé avec rosette par décret du 14 juin 1946
- Croix de guerre 1939‑1945,
- Croix de guerre belge avec palme,
- Commandeur de l’ordre de Léopold (Belgique),
- Officier des Palmes Académiques,
- Médaille des blessés et autres décorations.
Rues ou lieux de mémoire
Divers hommages publics : un pont à Nantes (Pont Général‑Audibert), rues à Rennes, Vannes, Landerneau et Gorges, une caserne de gendarmerie à Rennes, plaque commémorative à Nantes et rue à Gorges nommée en 1962 .
Références bibliographiques
- Histoire de la Résistance en Bretagne – Christian Bougeard, Jean‑Paul Gisserot, 1992. Présente le rôle du Général Audibert dans l’unification et la structuration résistante en Bretagne.
- Libération de la Bretagne – Marcel Baudot, éd. Ouest-France. Décrit notamment la nomination du général Audibert (« Bertrand ») et les ordres de l’Armée Secrète régionale.
Ces ouvrages expliquent en détail la coordination militaire de la Résistance dans l’Ouest, le rôle clé d’Audibert dans la structuration de l’A.S. et ses relations avec les chefs civils tels Prigent.
Références internet
- Site muséedelarésistanceenligne.org – notice biographique de Louis‑Alexandre Audibert, détails sur son arrestation, déportation, et décorations generalaudibert.blogspot.com+2Musée de la Résistance en Ligne+2Musée de la Résistance en Ligne+2.
- Site les‑touches‑44.fr (extraits de Libération de la Bretagne) – description de ses ordres, structure de l’A.S., coordination avec Tanguy Prigent resistance-brest.net+2les-touches-44.fr+2les-touches-44.fr+2.