La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

REVERS Georges

Georges REVERS naît dans une famille d’officiers. Il entre à Saint-Cyr (promotion 1912–1914), en sort sous-lieutenant, puis combat pendant la Première Guerre mondiale dans l’infanterie, où il est plusieurs fois blessé et cité. Il poursuit une brillante carrière militaire dans l’entre-deux-guerres, passant par l’École de guerre, puis des affectations en État-Major.

Georges REVERS n’est pas membre de la Résistance intérieure ou d’un réseau clandestin. En revanche, après l’armistice de 1940, il reste dans l’armée d’armistice, puis intègre le Comité français de la Libération nationale (CFLN) à Alger en 1943, où il est nommé au cabinet militaire du général Giraud.

Il soutient la fusion des armées Vichystes ralliées et des Forces françaises libres, ce qui le place dans les dynamiques de la Résistance extérieure et de la reconstruction de l’armée française.

Georges REVERS n’a pas appartenu à un mouvement ou réseau de Résistance au sens strict, mais il participe à l’effort de réorganisation de l’armée française à Alger aux côtés des Alliés, dans le cadre du CFLN. Il joue un rôle important dans l’intégration des cadres métropolitains et des résistants dans l’armée reconstituée après 1943.

En 1944, il est directeur de cabinet militaire du ministre de la Guerre, et contribue à la réintégration des officiers résistants dans l’armée régulière. En 1947, nommé chef d’état-major général de l’armée, il rédige le fameux “Rapport Revers” sur la situation militaire en Indochine, document stratégique devenu controversé après sa fuite.

Il subit une forte mise en cause politique en 1949 après l’affaire du “rapport Revers”, ce qui entraîne sa mise à la retraite anticipée.

Contexte du “rapport Revers”

En juillet 1949, alors qu’il est chef d’état-major général de l’armée française, le général REVERS est chargé par le gouvernement d’évaluer la situation militaire en Indochine, où l’armée française est confrontée à la guérilla du Viêt Minh.

Il rédige un rapport confidentiel dans lequel il tire un constat alarmant :

  • L’armée française est en infériorité numérique, stratégique et politique face au Viêt Minh.
  • Il recommande un repli stratégique dans les zones tenables du delta du Tonkin, plutôt qu’un engagement massif dans les régions montagneuses.
  • Il évoque même la nécessité de préparer un désengagement progressif si les moyens militaires et politiques ne sont pas renforcés.

L’affaire du “rapport Revers”

Le rapport, strictement confidentiel, est transmis au gouvernement, mais il fuite — probablement transmis à la presse par des responsables hostiles à la politique du général ou en lien avec les services vietnamiens.

Le document est ensuite publié à Hanoï par les services du Viêt Minh, ce qui constitue une atteinte grave à la sécurité militaire française.

La classe politique française, et notamment les gaullistes et les partisans d’une ligne dure en Indochine, s’emparent de l’affaire. Ils accusent :

  • Le général REVERS de défaitisme.
  • Le gouvernement de faiblesse.
  • L’état-major de désorganisation et imprudence stratégique.

Conséquences immédiates

  • Georges REVERS est poussé à la démission dès août 1949, moins d’un mois après la fuite du rapport.
  • Il est placé en retraite anticipée par le ministre de la Défense.
  • Il n’est pas sanctionné pénalement, mais son nom est durablement associé à une crise de confiance au sein des institutions militaires.
  • L’affaire marque un tournant dans la gestion de la guerre d’Indochine, précipitant l’option d’une militarisation plus agressive et la remise en cause des stratégies défensives.

Retour à la vie civile

Après son retrait de l’armée en 1949, Georges REVERS vit à Paris. Il rédige des mémoires, collabore à des travaux d’historiographie militaire et reste actif dans des cercles d’anciens officiers. Il décède en 1974.

Décorations

  • Grand-croix de la Légion d’honneur
    Décret du 12 juillet 1952 (nomination antérieure comme commandeur, puis grand officier)
  • Croix de guerre 1914-1918 avec citations
  • Croix de guerre 1939-1945
  • Médaille coloniale
  • Commandeur de l’ordre du Mérite militaire (Espagne)
  • Commandeur de l’ordre de Léopold (Belgique)

Références bibliographiques

Le général Revers et l’armée française sous la IVe République Hervé Couteau-Bégarie, Éditions du CNRS, 2002 Analyse du parcours de Revers, de son rôle au cabinet Giraud jusqu’à sa chute en 1949 après le rapport sur l’Indochine.

L’armée française et la Résistance Olivier Wieviorka, Éditions Perrin, 2013 Le général Revers est évoqué pour son rôle de passeur entre armée d’armistice et Forces françaises libres, mais comme un acteur institutionnel et non clandestin.

Références internet

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