La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le réseau de faux papiers juif-polonais et civils à Lyon

À partir de 1942, les services de faux papiers, initialement artisanaux, sont structurés à Lyon sous l’égide de Libération‑Sud et du NAP (noyautage des administrations publiques). Ils se dotent de permanents et de bureaux spécialisés.

Côté juif, associations comme OSE, Éclaireurs Israélites, et l’Armée juive/OJC produisent de faux papiers : Robert Gamzon, Joseph Weill, Georges Loinger ou Maurice Cachoud font partie de ces acteurs.

Fonctionnement

  • Délivrance de cartes d’identité, autorisations de circuler, cartes de rationnement, etc., profitant de complicités municipales, préfectorales, policières.
  • Placement d’enfants juifs dans des familles ou institutions chrétiennes sous de fausses identités, notamment via le Réseau Garel (Georges et Lili Garel) dès août 1942, après la « nuit de Vénissieux ».

Figures clés

  • Jean Stetten‑Bernard (dit « Articles de pêche ») : illustrateur, il crée à Lyon un atelier clandestin de fabrication de faux papiers avec caches et tampons, pour résistants, Juifs et réfractaires au STO.
  • Pierre Kahn‑Farelle (« Pierre des faux papiers », « Plutus ») : dirige les services de faux papiers des MUR puis MLN à Lyon, arrêté en mai 1944 et déporté, libéré en 1945.
  • Jean Nallit : employé de mairie, chargé de faux papiers, arrêté en 1944, déporté à Buchenwald, Juste parmi les nations.
  • Georges Tassani : responsable de distribution de faux documents, torturé, déporté, puis fondateur du mémorial de Montluc.

Héros, victimes & fin du réseau

  • De nombreux résistants – y compris Jean Nallit, Georges Tassani – sont arrêtés (Gestapo, Montluc) et déportés (Buchenwald, Dora).
  • L’activité décline lors des grandes rafles de début 1944, puis est démantelée à la Libération début 1945.
  • Certains acteurs (Kahn, Nallit, Tassani) poursuivent un rôle dans la mémoire et reçoivent décorations après-guerre.

Monument de mémoire

  • Mur des noms au cimetière juif de La Mouche, Lyon 7ᵉ arrondissement : panneau mémoriel listant les 6 084 victimes de la Shoah en Auvergne‑Rhône‑Alpes, inauguré en 2022 avec Serge Klarsfeld.
  • Prison Montluc : lieu de détention et de tortures des résistants (dont faux faussaires); site devenu Mémorial et Musée.

Références bibliographiques

  • Renseignements et faux papiers – Mon parcours de résistant de Lyon au camp de Buchenwald, par Jean Nallit, Les Passionnés de Bouquins, 2013. Cet ouvrage autobiographique relate l’engagement de Nallit, ses missions de faux papiers pour résistants et Juifs, son arrestation et son témoignage de déporté.
  • Les Garel. Le sauvetage des enfants juifs, par Georges Garel (avec Kathy Hazan), Éditions Le Manuscrit, 2012. Présente l’organisation du réseau Garel à Lyon, le sauvetage d’enfants, leurs placements en zone rurale et la collaboration entre OSE, chrétiens et juifs.
  • La Résistance juive en France, divers auteurs, Autrement, Mémoires/Histoire, 2006. Chapitre sur la confection de faux papiers, l’Armée juive, détails sur Maurice Cachoud, structures et résistants juifs.
  • Le sauvetage des enfants juifs, par Vivette Samuel, Liana Lévi, 1995. Témoignages sur le placement clandestin d’enfants juifs, l’action du réseau Garel, en provenance de Lyon vers la Creuse et le Chambon-sur-Lignon.
  • Aux frontières de l’espoir, par Georges Loinger & Kathy Hazan, Le Manuscrit, 2006. Souvenirs de Loinger, circuits d’évasion, faux papiers et maillages entre associations à Lyon et dans le Sud-Est.

Références internet

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