Léone Marcelle JAMAIN, née Bougé, voit le jour le 23 avril 1921 à Châtellerault (Vienne), fille d’un cultivateur. Issue d’un milieu ouvrier, elle ne poursuit pas d’études supérieures. À partir de 1939, elle œuvre comme ouvrière à la Manufacture d’armes de Châtellerault (“la Manu”)
En octobre 1940, à 19 ans, elle rejoint l’Organisation spéciale FTP (OS‑FTP) au sein de la Manufacture. Ses motivations sont doubles : patriotisme face à l’occupation allemande et solidarité ouvrière, notamment contre le STO
Elle devient chef de groupe au sein de l’OS‑FTP , recrutée par René Gautier. Elle assume des responsabilités liées à l’impression/distribution de tracts, la liaison clandestine et la récupération d’armes
- la distribution de tracts anti‑relève et anti‑collaboration,
- la liaison entre la Manu et les villages voisins,
- la récupération de revolvers dissimulés lors de ses sorties hors usine .
Elle organise clandestinement des actions dès 1940, démontrant une grande ténacité
Arrestation / déportation
Arrêtée le 15 février 1943 (avec d’autres responsables, comme Éléonore ou Renée), elle est incarcérée à la prison de Châtellerault, puis internée à Romainville. Le 17 avril 1943, elle est déportée au camp de Ravensbrück, matricule peu connu, mais cité parmi « celles du convoi ». Elle survit et rentre à Châtellerault au printemps 1945 (mai)
Camarades de combat
Elle collabore étroitement avec :
- Renée MOREAU, compagne à la Manu,
- Éliane DEVERGNE et Jeanne VARENNE, co‑déportées à Ravensbrück Retour à la vie civile
Elle est rapatriée en mai 1945. Mariée après-guerre (devenue Jamain). Vie privée discrète, mais prend part à des hommages collectifs. Décède en 2002. Aucune information sur une carrière publique postérieures .
Décorations
Elle a très probablement reçu :
- Médaille de la Déportation et de l’Internement pour faits de Résistance, Les sources ne confirment pas officiellement ces décorations, mais elles sont cohérentes avec son parcours.
- Médaille de la résistance Française par décret du 31 Mars 1947 JO 26 juillet 1947 Source Ordre de la Libération.
- Côte du dossier : 1O3577
Rues ou lieux de mémoire
Elle figure sur le mémorial collectif dédié aux cinq résistantes de la Manu inauguré à Châtellerault .
Observations. A noter que le site de l’ordre de la libération précise quelle est née le 21 Janvier 1921 à Yzeures-sur-Creuse, 37 – Indre-et-Loire, France
Références bibliographiques
Les femmes en résistance de la Manufacture de Châtellerault à Ravensbrück, collégiennes et collégiens de Jean Macé, film/ouvrage associatif, 2022.
Ce travail restitue le parcours de Léone, Renée, Éliane, Jeanne, de 1940 à la déportation, en mêlant archives, témoignages oraux et contexte local de la Manu.
Les FEMMES du POITOU sous l’OCCUPATION, Isabelle Soulard, CCHA, 2010.
Étude fouillée de la résistance féminine locale, elle mentionne Léone Jamain comme figure de l’OS-FTP et détaille sa participation à la grève-manifestation, son arrestation et son retour.
Références internet
- Mémoire et Espoirs de la Résistance : fiche « Léone Jamain » (née Bougé) – décrit son rôle d’ouvrière chef de groupe OS-FTP, liaison, actions clandestines, arrestation, déportation et retour museedelaresistanceenligne.org+1m.facebook.com+1memoresist.org
https://www.memoresist.org/resistant/leone-jamain/ - VRID Mémorial : notice « Léone Jamain, déportée à Ravensbrück » – retrace les faits d’engagement dès octobre 1940, arrestation, convoyage au camp, survie et retour en 1945 memoresist.orgvrid-memorial.com
https://www.vrid-memorial.com/leone-jamain-deportee-a-ravensbruck/
