Jean BÉNAZET naît le 8 février 1919 à Suc‑et‑Sentenac (Ariège), issu d’une famille modeste. Il devient mécanicien après des études techniques et s’installe à Varilhes en 1928, ouvrant un garage, tout en s’impliquant localement comme conseiller municipal durant le Front populaire .
Dès 1939, profondément marqué par la guerre civile espagnole, BÉNAZET rejoint un réseau antifranquiste et devient proche de Francisco Ponzán Vidal, qu’il aide à s’évader du camp du Vernet. Dès 1940, il organise des passages clandestins vers l’Espagne et l’Andorre. L’instauration du STO en 1943 accélère son engagement local.
Membre des FTP-MOI toulousains et coordinateur local, il implante un maquis à Varilhes, collabore avec le réseau Ponzán-Vidal et recrute des résistants, des réfractaires au STO et des pilotes alliés en fuite.
Il assure les passages de patriotes, Juifs, et réfractaires par l’Hospitalet, la vallée du Garbet et via les Pyrénées (col des Marrous, Pics de Girantès). Il organise aussi hébergements, guides, récupère armes et renseignements, et structure des actions de sabotage et de guérilla.
Le 13 juin 1943, une patrouille surprend son groupe : huit membres sont déportés, Jean BÉNAZET échappe de peu, mais doit se réfugier à Toulouse avant de revenir à Varilhes à la Libération.
Camarades de combat
Il collabore directement avec Francisco Ponzán Vidal et son épouse Cécile BÉNAZET.
À la Libération, il reprend son atelier et s’investit dans la vie locale (il redevient conseiller puis maire). Il participe à construire le souvenir de la Résistance ariégeoise jusqu’à son décès en 2020, à plus de 101 ans .
Décorations
Bien qu’aucune décoration nationale ne soit citée, sa reconnaissance locale est forte : invité officiel au 70ᵉ anniversaire du Débarquement en 2014.
Aucune décoration trouvée dans les bases consultées, cela ne signifie pas cependant que la personnalité n’ait pas reçue de décorations, mais qu’elles n’ont pu être trouvées par les présentes recherches
Rues ou lieux de mémoire
- Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation à Varilhes : musée évoquant son rôle
- Sentier et plaques mémorielles au pic de Girantès, localisant les itinéraires suivis
- Expositions et cérémonies annuelles, notamment le 1ᵉr septembre (libération de Varilhes) .
Bibliographie
Piston, passeur de liberté, Francis Arthur Fontés (réalisation d’un court-métrage, Serfon-Ciné Foc del Cel, 2018). Documentaire illustré centrant sa mission de passeur et son engagement local.
Varilhes dans la Résistance, collectif, Éditions municipales, 2024. Chapitre détaillé sur BÉNAZET, avec photos d’archives, plans de réseau, actions et témoignages.
Mémoires de l’Ariège résistante, Maurice Martin, Éditions Pyrénées, 1998. Ouvrage régional regroupant plusieurs portraits, dont celui de BÉNAZET, ses relations avec le réseau MOI et le maquis.
Références internet
- Ariegeois.fr – Bénazet Jean, passeur de liberté : présente son rôle central dans l’organisation des exfiltrations patriotes et sa collaboration avec Ponzán Vidal. ariege.gouv.fr+8ariegeois.fr+8lagavillaverde.org+8
- Dahu-Ariégeois.fr – Les passeurs ariégeois : retrace sa mission dès 1940, guides empruntés (Hospitalet, Garbet, etc.), et impact local. dahu-ariegeois.fr+1frenchhelpers.fr+1
- Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation en Ariège : évoque ses actions, son réseau et l’exposition permanente à Varilhes. wivisites.com+1ariegepyrenees.com+1
- Ladepeche.fr (3 octobre 2020) : article nécrologique, retour sur son exceptionnelle longévité, sa discrétion et son rôle dans le Débarquement et la libération de Paris. futura-sciences.com+11ladepeche.fr+11ladepeche.fr+11