À la suite de l’inaction relative d’août, septembre 1942 débute avec une tentative offensive de l’Axe pour briser les lignes britanniques à El Alamein.
Rommel, malgré l’épuisement de ses forces et une logistique déficiente, mise sur une manœuvre audacieuse pour percer le sud du dispositif allié, dans la région d’Alam el Halfa.
De leur côté, les Alliés, désormais commandés par Montgomery, attendent l’attaque, bien préparés et renseignés sur les intentions ennemies grâce aux décryptages de l’intelligence britannique (ULTRA).
Ce mois marque le dernier effort offensif majeur de Rommel en Afrique du Nord, et le début du retournement stratégique définitif en faveur des Alliés.
Forces en présence
Forces de l’Axe
- Commandement : Maréchal Erwin Rommel.
- Effectifs : environ 105 000 hommes.
- Chars : 250 à 300 (Panzer III, IV, chars italiens M13/40, Semovente).
- Aviation : 300 à 350 appareils, notamment allemands (Luftwaffe) et italiens.
- Logistique : très dégradée, carburant rationné, pertes maritimes lourdes dans les convois depuis l’Italie.
Forces alliées
- Commandement : Général Bernard Montgomery (8e armée).
- Effectifs : environ 150 000 hommes.
- Chars : 700 à 800, dont des modèles américains modernes (Grant, Sherman).
- Aviation : supériorité numérique et qualitative (environ 550 avions).
- Approvisionnement excellent depuis le canal de Suez et Alexandrie.
Déroulement des opérations – bataille d’Alam el Halfa
30 août – 5 septembre 1942
Le 30 août, Rommel lance son attaque en tentant de contourner le flanc sud de la ligne britannique, comme lors de son succès à Gazala. Il vise Alam el Halfa Ridge, une crête stratégique défendue par les Britanniques.
Cependant, les préparatifs britanniques sont solides :
Les blindés sont retranchés sur la crête, en position défensive.
Les champs de mines sont denses et bien couverts par l’artillerie.
L’aviation alliée bombarde sans relâche les colonnes de l’Axe.
Le 1er septembre, les forces de l’Axe sont stoppées sur la crête. Les chars allemands sont exposés, à court de carburant, et subissent des pertes croissantes. Le 2 septembre, Rommel tente de percer sur d’autres points sans succès. Il ordonne la retraite le 3 septembre. L’aviation britannique harcèle les colonnes en repli jusqu’au 5 septembre.
Résistances rencontrées
Alam el Halfa Ridge : très bien défendu par la 44e division britannique et la 1re division blindée.Appui efficace de l’aviation alliée.Bonne coordination interarmes (chars, artillerie, infanterie, aviation) du côté britannique, marque de l’influence de Montgomery.
Rommel se heurte pour la première fois à une défense méthodique, volontairement statique, que Montgomery avait choisie précisément pour épuiser l’Axe dans l’attaque.
Pertes et prisonniers
Forces de l’Axe
- Environ 3 000 hommes tués, blessés ou disparus.
- Environ 50 à 60 chars détruits ou abandonnés.
- Perte de camions et véhicules lors de la retraite, notamment sous les frappes aériennes.
- Effondrement temporaire du moral dans certaines unités italiennes.
Forces alliées
- Environ 1 750 hommes tués, blessés ou disparus.
- Pertes de chars limitées (environ 50).
- Prise de quelques centaines de prisonniers lors de contre-attaques locales.
État du terrain
- Le champ de bataille est typique du désert occidental :
- Crêtes rocheuses (Alam el Halfa) dominant les plaines sablonneuses.
- Terrain plat, exposé, très difficile pour une attaque frontale sans surprise.
- Champs de mines denses posés par les Alliés dans les zones de passage.
- La météo est sèche, les tempêtes de sable réduisent parfois la visibilité. La chaleur continue d’affecter les performances humaines et mécaniques.
Points d’accrochage
- Alam el Halfa Ridge : centre de la bataille, position clé.
- Ruweisat Ridge et Deir el Munassib : escarmouches secondaires, actions de fixation.
- Qaret el Abd : zone d’embuscades antichars.
- Axe de repli : fortement bombardé par l’aviation alliée lors du retrait.
Informations transmises à Hitler et Churchill
À Hitler Rommel rapporte l’échec mais le minimise. Il insiste sur le manque de carburant et l’impossibilité de percer une ligne aussi préparée. Il demande instamment des renforts, en particulier du carburant et des munitions. Hitler est préoccupé mais reste focalisé sur le front russe.
À Churchill Montgomery et Alexander rapportent avec satisfaction la réussite de la défense. Churchill voit dans cette victoire défensive la preuve que l’armée britannique a retrouvé de la solidité. Il presse pour une offensive dès que possible. Il commence à annoncer à ses alliés et aux États-Unis une victoire prochaine en Afrique du Nord.
Succès, échecs et conséquences
Succès de l’Axe
- Aucun progrès territorial.
- Simple maintien de la ligne existante après le repli.
Échecs de l’Axe
- Offensive complètement bloquée.
- Usure accélérée du matériel.
- Dégradation du moral, surtout chez les Italiens.
- Perte définitive de l’initiative stratégique.
Succès alliés
- Réussite complète d’une défense planifiée.
- Supériorité aérienne pleinement exploitée.
- Moral renforcé chez les troupes.
- Leadership efficace de Montgomery.
Échecs alliés
- Contre-attaques limitées. Montgomery a refusé de transformer la victoire défensive en attaque immédiate, préférant une préparation méthodique.
Perspectives stratégiques à la fin septembre 1942
- Axe Rommel comprend qu’il ne pourra plus attaquer. Il transforme sa position à El Alamein en ligne défensive en profondeur. Il demande à l’Italie d’envoyer des renforts blindés, tout en redoutant une attaque britannique.
- Ses forces sont affaiblies, mal nourries, peu ravitaillées, et il doit désormais simplement tenir, espérant un miracle stratégique.
- Alliés Montgomery engage une politique de réorganisation totale. Il impose l’entraînement intensif, le stockage méthodique de munitions, carburant, vivres et pièces. L’offensive majeure est planifiée pour fin octobre. Il décide de ne pas se précipiter et veut frapper l’Axe lorsqu’il aura la supériorité totale en chars, en hommes et en feu.
Churchill et les Américains attendent cette offensive avec impatience, car elle est censée coïncider avec une autre opération : Torch, le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord prévu pour novembre.