La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Saint-Marcel (Morbihan, 18 juin 1944)

Le 18 juin 1944, dans la commune de Saint-Marcel (Morbihan), se déroule l’un des affrontements les plus emblématiques de la Résistance bretonne.

 Environ 2 400 maquisards, issus du maquis de Saint-Marcel, sont regroupés sous l’autorité du colonel Paul Chenailler, alias « Morice », chef départemental des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) du Morbihan.

Ils sont rejoints par près de 200 parachutistes français du Special Air Service (SAS), largués dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, sous le commandement du capitaine Pierre Marienne et du commandant Bourgoin.

Ces forces ont pour mission de harceler l’armée allemande et de retarder l’envoi de renforts vers la Normandie après le Débarquement allié. Le maquis devient un centre de regroupement, mais son importance attire rapidement l’attention des autorités allemandes.

Déroulement des combats

Le matin du 18 juin 1944, plusieurs colonnes allemandes lancent une attaque coordonnée contre le maquis de Saint-Marcel.

Ces troupes sont composées de soldats réguliers, de Waffen-SS et d’unités de la Feldgendarmerie.

Les résistants, bien que moins bien armés, tiennent leurs positions pendant plusieurs heures. Les parachutistes SAS jouent un rôle clé dans la défense, assurant notamment les liaisons radio et la coordination des contre-attaques.

Dans l’après-midi, face à l’intensification de l’offensive allemande et aux risques d’encerclement, les chefs de la Résistance donnent l’ordre de décrocher. La dispersion s’effectue dans l’urgence, mais la majeure partie des combattants parvient à échapper aux forces allemandes.

Bilan et conséquences

Les combats du 18 juin 1944 ont coûté la vie à environ 30 FFI et 6 parachutistes SAS. Les pertes allemandes sont estimées entre 300 et 600 morts et blessés.

En représailles, les Allemands incendient le village de Saint-Marcel et exécutent plusieurs civils accusés d’avoir soutenu les résistants.

Malgré la dispersion du maquis, ces combats ont un impact stratégique en immobilisant plusieurs unités allemandes, empêchées de rejoindre rapidement la Normandie. La répression allemande provoque cependant un net durcissement de l’occupation dans la région.

Lieu de mémoire

Un monument commémoratif a été inauguré en 1951 près de la ferme de La Nouette, sur la commune de Sérent, en mémoire des résistants et parachutistes tombés lors des combats. Ce monument est situé à proximité du Musée de la Résistance en Bretagne, à Saint-Marcel.

Ce musée retrace l’histoire de la Résistance bretonne et conserve de nombreux objets, documents et témoignages liés aux événements du 18 juin 1944.

Références bibliographiques

  • Yves Mervin, Saint-Marcel 18 juin 1944, enquête sur un désastre, auto-édition.
    Cet ouvrage propose une enquête détaillée sur les événements de Saint-Marcel, mettant en perspective les erreurs tactiques, les choix stratégiques et les conséquences pour la Résistance bretonne.
  • Jean-François Miniac, Les grandes énigmes de la Libération, éditions Jean-Cyrille Godefroy, 2014. Ce livre consacre un chapitre aux combats de Saint-Marcel, en les replaçant dans le contexte des opérations alliées en Bretagne.

Références internet

Musée de la Résistance de Saint Marcel

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