Le réseau WHEELWRIGHT, dirigé par George STARR, fut l’un des plus efficaces réseaux d’action du Special Operations Executive (SOE) britannique en France durant la Seconde Guerre mondiale. Actif de novembre 1942 à septembre 1944, il joua un rôle central dans l’organisation de la Résistance dans le Sud-Ouest, notamment dans les départements du Gers, des Landes, de la Dordogne, du Lot-et-Garonne et de la Haute-Garonne
Création et organisation
Le réseau WHEELWRIGHT fut fondé par George STARR, alias « Hilaire », ingénieur des mines britannique, parachuté en France en novembre 1942. Initialement prévu pour opérer à Lyon, il s’établit finalement à Castelnau-sur-l’Auvignon (Gers), où il bâtit un réseau sur les bases du groupe local VICTOIRE. Le nom de code « WHEELWRIGHT » (signifiant « charron ») fut attribué par le SOE, tandis que « HILAIRE » était le nom de guerre utilisé en France
Le réseau compta jusqu’à 1055 agents, dont 135 agents P2 (permanents armés), 849 agents P1 (agents de liaison) et 71 agents O (opérateurs radio et spécialistes). Il fut l’un des rares réseaux à maintenir une activité continue jusqu’à la Libération
Missions et actions
Le réseau WHEELWRIGHT mena des missions de sabotage, de renseignement, de formation des maquisards et de coordination des parachutages d’armes.
Entre 1943 et 1944, il organisa 147 parachutages, représentant 2069 containers et 553 paquets, destinés à armer les groupes de Résistance.
Parmi les actions notables
- Le sabotage de la poudrerie de Toulouse en mars 1944, mené par Claude ARNAULT, détruisant 30 des 31 moteurs électriques de l’usine, paralysant ainsi la production de poudre pendant six semaines
- La bataille de Castelnau-sur-l’Auvignon le 21 juin 1944, où le réseau affronta une attaque allemande massive. Malgré la perte de 19 maquisards, le PC put être évacué grâce à l’action des guérilleros espagnols
- La participation à la libération de Toulouse en août 1944, en coordination avec le bataillon de l’Armagnac dirigé par Maurice PARISOT
Membres notables
- George STARR (« Hilaire ») : chef du réseau, officier du SOE, reconnu pour sa rigueur et son efficacité.
- Yvonne CORMEAU (« Annette ») : opératrice radio, émit plus de 400 messages à destination de Londres, assurant la coordination des parachutages.
- Anne-Marie WALTERS (« Colette ») : courrier du réseau, joua un rôle clé dans les liaisons entre les différents groupes.
- Claude ARNAULT (« Néron ») : instructeur-saboteur, responsable de plusieurs opérations de sabotage majeures.
- Philippe DE GUNZBOURG : ancien membre du réseau PRUNUS, devint le second de STARR pour le secteur nord.
Fin du réseau
Après la Libération, le réseau WHEELWRIGHT fut dissous en septembre 1944. George STARR fut invité à quitter la France par le général de Gaulle, soucieux de rétablir l’autorité de l’État français. STARR retourna en Angleterre, puis s’installa en France, où il décéda en 1980.
Références bibliographiques
- Michael R.D. FOOT, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d’Action (SOE) en France 1940-1944, Tallandier, 2008.
- Anne-Marie WALTERS, Moondrop to Gascony, Macmillan & Co Ltd, 1946 ; réédité par Moho Books, 2009.
- Raymond ESCHOLIER, Maquis de Gascogne, Éditions du Milieu du Monde, 1945 ; réédition Éditions du Bastion, 2004.
- Hélène BULFONI (dir.), La vertu est la plus belle parure de la jeune-fille, L’Atelier des Brisants, 2009.
Références internet
- Wikipédia – George Starr : Biographie détaillée de George STARR, ses actions au sein du réseau WHEELWRIGHT, ses relations avec la Résistance française et sa vie après la guerre.
https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Starr:contentReference[oaicite:37]{index=37} - Wikipédia – Réseau Hilaire-Wheelwright : Présentation du réseau, de ses missions, de ses membres et de ses actions dans le Sud-Ouest de la France.
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_Hilaire-Wheelwright:contentReference[oaicite:39]{index=39} - Wikipédia – Anne-Marie Walters : Parcours d’Anne-Marie WALTERS, son rôle au sein du réseau WHEELWRIGHT et ses publications postérieures.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne-Marie_Walters:contentReference[oaicite:41]{index=41}