La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

DISSARD Marie-Louise Alias Victoire, Françoise

Marie-Louise DISSARD, connue sous le nom de code « Françoise», fut une figure majeure de la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale. Elle dirigea le réseau d’évasion « Françoise », permettant à plus de 700 personnes, principalement des aviateurs alliés, d’échapper à l’occupation nazie.​

Naissance : 5 novembre 1881 à Cahors (Lot) Décès : 8 juillet 1957 à Toulouse

Issue d’un milieu modeste, Marie-Louise DISSARD grandit à Cahors. Son père, Guillaume, était professeur, et sa mère, Léontine, modéliste. Elle manifesta tôt un esprit indépendant et un goût pour les arts, notamment la couture, le dessin et la peinture. Après des études aux Beaux-Arts de Toulouse, elle exerça comme maîtresse d’internat à Carcassonne, puis à Toulouse, avant de devenir inspectrice de couture pour les écoles municipales. En 1913, elle ouvrit sa propre boutique de mode à Toulouse, « À la poupée moderne », qui connut un grand succès.  

Engagement dans la Résistance

Dès 1940, profondément antifasciste, elle s’engagea dans la Résistance sous le pseudonyme de « Victoire », diffusant des tracts gaullistes et des journaux clandestins. En 1942, elle rejoignit le réseau d’évasion Pat O’Leary, dirigé par Albert Guérisse, et prit le nom de code « Françoise ». Après l’arrestation de Guérisse en 1943, elle prit la tête du réseau, rebaptisé « Réseau Françoise », qu’elle dirigea jusqu’à la Libération. Ce réseau permit à plus de 700 personnes, principalement des aviateurs alliés, de fuir la France occupée via les Pyrénées.

Missions, actions et évasions

Marie-Louise DISSARD organisa des filières d’évasion, des caches et des passages vers l’Espagne. En 1943, après l’arrestation de plusieurs membres du réseau, elle réorganisa les opérations, assurant la continuité des évasions. Elle échappa de justesse à la Gestapo à plusieurs reprises, notamment en sautant d’un train en marche après une arrestation.

Camarades de combat

Parmi ses collaborateurs figurent Ian Garrow, fondateur du réseau Pat O’Leary, Albert Guérisse, qui lui succéda à la tête du réseau, et Nancy Wake, célèbre résistante australienne.

Retour à la vie civile

Après la guerre, Marie-Louise DISSARD retourna à une vie discrète à Toulouse. Elle continua à promouvoir l’éducation des jeunes filles et fut honorée pour son engagement. Elle décéda en 1957 et repose au cimetière de Terre-Cabade à Toulouse.  

Décorations

  • France :
    • Officier de la Légion d’honneur
    • Croix de guerre 1939-1945 avec palme
    • Médaille de la Résistance avec rosette (17 mai 1946)​
  • Royaume-Uni :
    • George Medal
    • Officier honoraire de l’Ordre de l’Empire britannique (OBE)
  • États-Unis :
    • Médaille de la Liberté avec palme d’or
  • Belgique :
    • Officier de l’Ordre de Léopold II avec palme
    • Croix de guerre 1940-1945 avec palme  

Lieux de mémoire

  • Cahors : Plaque sur sa maison natale, rue de la Liberté.
  • Toulouse : Plaque commémorative au 40, rue de la Pomme, ancien emplacement de sa boutique.
  • Tournefeuille : Lycée polyvalent Marie-Louise Dissard-Françoise.
  • Saint-Jean : École portant son nom.  

 Références bibliographiques

  • Dominique Missika, Résistantes 1940-1944, Gallimard, 2021.
  • Mathieu Arnal, Ces Toulousains qui ont fait l’Histoire, Le Papillon Rouge, 2019.
  • Greg Lamazères, La vieille Dame du War Office, Empreinte Éditions, 2014.

Références internet

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