Le réseau du musée de l’Homme est l’un des premiers réseaux de Résistance organisés à Paris dès l’été 1940, immédiatement après l’armistice. Il tire son nom du Muséum national d’histoire naturelle, à Paris, et plus précisément de son département ethnographique, le Musée de l’Homme, où plusieurs de ses membres travaillaient.
À l’origine, un petit cercle d’intellectuels, chercheurs, bibliothécaires et enseignants, révoltés par l’Occupation et le régime de Vichy, décident d’agir dès les premiers mois de la guerre, par la diffusion de tracts, l’organisation de filières d’évasion, et la publication d’un journal clandestin, Résistance, qui donnera son nom au mouvement.
Actions principales
- Rédaction et diffusion de tracts et journaux clandestins pour appeler à la résistance intellectuelle et morale.
- Réseaux d’évasion vers la zone libre, notamment pour des prisonniers de guerre ou des personnes persécutées.
- Collecte d’informations sur l’occupant pour les transmettre à Londres.
- Mobilisation des cercles universitaires et scientifiques.
Le journal Résistance, créé en décembre 1940, est l’un des tout premiers journaux clandestins français de la Seconde Guerre mondiale.
Les héros du réseau
Parmi les principaux membres (nombre d’entre eux furent arrêtés et fusillés) :
- BORIS VILDÉ : ethnologue, figure centrale du groupe. Fusillé au Mont-Valérien en 1942.
- ANATOLE LEWITSKY : ethnologue, responsable du musée, fusillé en 1942.
- YVONNE ODDON : bibliothécaire, arrêtée, déportée à Ravensbrück, survivante.
- PAUL HAUET, LÉON-MAURICE NORDMANN, GEORGES TENEYRE : autres membres actifs, pour la plupart arrêtés puis fusillés.
- GERMAINE TILLION : ethnologue, proche du réseau, arrêtée plus tard, déportée, survivante.
Le réseau est démantelé début 1941 après une dénonciation. En février 1942, sept de ses membres sont fusillés au Mont-Valérien.
Les sept fusillés du réseau du musée de l’Homme :
- BORIS VILDÉ – Ethnologue, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle, fondateur du réseau.
- ANATOLE LEWITSKY – Conservateur au musée de l’Homme, ethnologue.
- LÉON-MAURICE NORDMANN – Juriste, professeur de droit, résistant actif.
- PAUL HAUET – Médecin et ancien combattant de la Première Guerre mondiale.
- JULIEN MOCCOZ – Employé des PTT, militant communiste et résistant.
- GEORGES TENEYRE – Journaliste et écrivain.
- PIERRE WALTER – Ouvrier typographe, militant syndicaliste.
Références bibliographiques
Ouvrages consacrés au réseau du musée de l’Homme :
- Le réseau du musée de l’Homme – Agnès Humbert, éd. Allia
- Journal et lettres de prison de Boris Vildé – éd. de Minuit
- La Résistance au musée de l’Homme – Collectif, éd. Gallimard, coll. Découvertes
- Les Résistants du Musée de l’Homme – Annie Rey-Goldzeiguer, éd. CNRS Éditions
Ouvrages où il est évoqué :
- Dictionnaire historique de la Résistance – dir. François Marcot, éd. Robert Laffont
- La Résistance en France – Henri Michel, éd. PUF
- Germaine Tillion : Une femme-mémoire – Tzvetan Todorov, éd. Gallimard
Références internet
Muséum national d’histoire naturelle – Hommages aux chercheurs résistants du musée
https://www.mnhn.fr/fr/actualites/memoire-des-resistants-du-museum
Musée de la Résistance en ligne – Dossier sur le réseau, biographies de ses membres, documents d’archives, journaux clandestins
https://museedelaresistanceenligne.org/media9206-Le-Rseau-du-Muse-de-lHomme
Mont-Valérien – Haut lieu de mémoire – Biographies des fusillés du réseau et récit de leur exécution
https://www.mont-valerien.fr/pages/les-fusilles/le-reseau-du-musee-de-lhomme.html
Mémorial de la Shoah / Archives – Documents et témoignages sur le démantèlement du réseau
https://www.memorialdelashoah.org