Résistants, Personnalités liées à la Résistance

Résistants, Personnalités liées à la Résistance

1916-2012

Résistant-Déporté

Décédé dans la nuit du 21 au 22 juillet 2012, Jean Nicolaï était une grande figure de la Résistance et de la déportation dans le Vaucluse et à Avignon, très actif depuis des décennies pour témoigner encore et toujours, tant aux côtés de ses camarades que devant collégiens et lycéens. Depuis 1969, il était également l'un des membres les plus actifs du Comité régional du Mémorial Jean-Moulin de Salon-de-Provence

Né en Corse, à Sartène, en 1916, il suit sa famille, qui s'établit à Lyon en 1930. C'est là, à 24 ans, qu'il entre en résistance, s'ingéniant pendant quatre ans, au poste où il était- les services d'écoute de Vichy - à transmettre nombre d'informations tant à la résistance qu'aux services secrets britanniques. Présent et invisible à la fois, en avril 1944 il a tout de même maille à partir avec Guinser, un commissaire de police de Vichy. Le 2 juin 44, ce sera la gendarmerie allemande, avant un transfert au fort Montluc, à Lyon, cellule 78, et les interrogatoires de la Gestapo.

Début juillet 1944, condamné aux travaux forcés à perpétuité, il est envoyé, via Compiègne, au camp de concentration de Neuengamme, près de Hambourg. Les nazis le forceront, au camp satellite de Bremen-Farge, à travailler nuit et jour, sous terre, à la construction de la base sous-marine allemande "Valentin". Il s'en sortira mais, au printemps de 1945, il sera des terrifiantes marches de la mort avant d'éviter de justesse la noyade lors du bombardement par les Alliés puis du naufrage, dans la baie de Lübeck, des bateaux sur lesquels les Allemands avaient entassé 7 000 déportés qui, presque tous, périront.

Engagé dans la vie politique en Avignon, Jean Nicolaï sera conseiller municipal de 1971 à 1983, puis p.-d.g. de Vaucluse logement, avant de se retirer à l'Isle-sur-la-Sorgue.

Faisant partie de la petite cohorte des décorés de la Légion d'honneur "au péril de leur vie", il arborait fièrement sa Croix de Commandeur. Tout récemment, à la mort de son compagnon en résistance Raymond Aubrac, il avait déclaré en souriant : "Il avait 97 ans; moi, j'en ai 96, je n'ai qu'à bien me tenir"…

 

 

F.-R. CRISTIANI-FASSIN
Président du Comité régional du
Mémorial Jean-Moulin de Salon-de-Provence



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