La ligne de démarcation, instaurée après la signature de l'armistice du 22 juin 1940, était une frontière d'environ 1200 kilomètres qui séparait la France en deux zones principales : la zone occupée au nord et la zone dite "libre" au sud. Cette ligne partait de la frontière espagnole, passait par Mont-de-Marsan, Libourne, Confolens, Loches, puis remontait vers le nord de l'Indre avant de bifurquer à l'est, traversant Vierzon, Saint-Amand-Montrond, Moulins, Charolles et Dole, pour finalement rejoindre la frontière suisse près de Gex.
La matérialisation de la ligne sur le terrain était relativement rudimentaire. Les Allemands utilisaient des poteaux en bois d'environ un mètre de haut, parfois carrés, parfois ronds, aux couleurs du Reich. Pour des raisons pratiques et économiques, le tracé exact suivait souvent des éléments naturels ou existants du paysage, comme des lisières de forêts, des rivières, des champs ou des routes. Le franchissement de la ligne était strictement contrôlé. Des postes de contrôle étaient établis le long de la ligne, où les personnes devaient présenter des laissez-passer pour traverser. Cependant, de nombreux passages clandestins ont eu lieu, organisés par des réseaux de résistance ou des passeurs locaux.
Au-delà de la simple division entre zone occupée et zone libre, la France a été partitionnée en plusieurs zones distinctes :
L'administration de ces zones était complexe et évolutive. Dans la zone occupée, c'est le Militärbefehlshaber in Frankreich (MBF) qui était chargé de l'administration depuis Paris. Il disposait de forces de police dédiées au maintien de l'ordre, dont l'effectif avoisinait les 21 000 personnes en mars 1941.Après novembre 1942, avec l'occupation de la zone libre, l'administration allemande s'est étendue à presque tout le territoire, à l'exception de la Corse qui s'est libérée elle-même. Cette occupation totale a renforcé le contrôle allemand sur l'ensemble du pays, tout en maintenant une façade d'autonomie pour le régime de Vichy.