né le 12 février 1894 à Colombe en Isère, décès le 28 janvier 1969 à Grenoble
Eugène Chavant, né le 12 février 1894 à Colombe en Isère, est issu d'une famille modeste : son père, Joseph-Marius Chavant, était cordonnier, et sa mère, Célestine-Victoire Mathieu, ouvrière en soie. Après avoir fréquenté l'école communale, il complète sa formation par des cours par correspondance de l'École du génie civil, tout en travaillant comme ouvrier aux usines métallurgiques Neyret-Beylier.
Mobilisé en 1914, il sert d'abord au 11ᵉ régiment de dragons, puis au 20ᵉ bataillon de chasseurs à pied. Il termine la Première Guerre mondiale en tant que sous-officier, décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec quatre citations. Cette expérience le marque profondément, au point de déclarer en 1967 que « toute la Résistance, ça ne vaut pas huit jours de Verdun ».
Après la guerre, Eugène Chavant devient agent de maîtrise, épouse Lucile Blanc en 1920, avec qui il a un fils en 1921, et adhère au Parti socialiste SFIO. Élu conseiller municipal de Saint-Martin-d'Hères en 1929, il devient premier adjoint en 1935, puis maire en 1938. Révoqué de ses fonctions par le régime de Vichy en février 1941, il s'engage dans la Résistance, rejoignant le mouvement "Franc-Tireur" et adoptant le pseudonyme "Clément".
En septembre 1943, après l'arrestation d'Aimé Pupin, Eugène Chavant est choisi comme chef civil du maquis du Vercors, aux côtés du commandant Le Ray, chef militaire. Il joue un rôle crucial dans l'accueil des réfractaires au STO, l'organisation de la sécurité, du ravitaillement et du transport. En mai 1944, il se rend à Alger pour obtenir le soutien des Alliés dans le cadre du plan "Montagnards". De retour en France, il participe activement à la mobilisation du Vercors, assurant notamment l'évacuation des femmes et des enfants de Vassieux-en-Vercors en juillet 1944.
Après la Libération, Eugène Chavant est nommé maire de Saint-Martin-d'Hères en septembre 1944 et réélu en mai 1945. Il démissionne en juillet 1945 pour se consacrer à l'Amicale des Pionniers et des Combattants volontaires du Vercors, dont il est le président fondateur. Il décède le 28 janvier 1969 à Grenoble et est inhumé dans la nécropole de Saint-Nizier-du-Moucherotte.
Décorations :
Références bibliographiques :
Ressources en ligne :
Biographie d'Eugène Chavant sur le site de l'Ordre de la Libération
Article sur Eugène Chavant dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (Le Maitron)
Notice biographique sur Eugène Chavant sur le site du Musée de la Résistance en ligne
Médaille de la