Résistants, Personnalités liées à la Résistance

Résistants, Personnalités liées à la Résistance

Compagnon de la Libération le 17 novembre 1945

Par Olivier MATTHEY-DORET

Extrait de son livre "Les Compagnons de la Libération de la Région R2"

Avec son aimable autorisation.

Albert Grand est né le 5 octobre 1914 à Leffond, un charmant petit village de la Haute-Saône. Son père est restaurateur. Albert Grand s’engage pour 3 ans - en juin 1934- dans le Régiment d’Artillerie Coloniale du Levant ; il fait le peloton d’élèves gradés et reconduit son engagement pour 4 ans supplémentaires.

Il rentre en France au centre de motorisation des troupes coloniales de Fréjus. Maréchal des Logis en 1939, il rejoint en août le Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad.

À Faya-Largeau, au Tchad, il entend des échos de l’appel du Général de Gaulle. Dès août 1940, le Tchad s’est rallié entièrement à la France Libre le 25 août.

Le Colonel Leclerc (Compagnon de la Libération en 1941 et futur Maréchal de France) rend visite à la section où Œuvre Albert Grand ; il leur fait part de son désir de prendre Koufra en formant une colonne appuyée par une seule pièce d’artillerie. Cette pièce est celle d’Albert Grand.

En 1941, à Koufra, il est chef d’une pièce d’artillerie de 75 de montagne (chargé de faire le siège du fort d’Ec Tag, à force de tirs de harcèlement, les Italiens se rendent le 1er mars 1941.

La stratégie a été de déplacer cette pièce assez souvent pour faire croire aux Italiens qu’il y avait plusieurs pièces de tir), puis est chef d’une pièce de 105. Il participe aux Campagnes du Fezzan, de Tripolitaine, de Tunisie. Il est alors observateur.

Il reçoit sa première citation le 28 décembre 1942 : à Oum El Araneb, il a sauvé une pièce de 75 de montagne lors d’une attaque ennemie (texte de la citation à l’ordre de la Division, ordre général n° 40 du Général Leclerc commandant les F.F.L. : « excellent chef de pièce, a fait preuve des plus hautes qualités militaires lors des opérations du Fezzan »).

Il se distingue le 10 mars 1943 à El-Outig en dirigeant ses tirs efficaces sur des automitrailleuses ennemies lancées à l’attaque, il en a détruit deux.

Au Djebel Garci, il est blessé par des éclats d’obus le 28 avril 1943 en portant secours à un Sous-Officier téléphoniste qui était pris dans son observatoire par un tir ennemi nourri et précis.

À titre exceptionnel, Albert Grand est nommé Adjudant-Chef le 9 mai 1943.

Il est Officier de liaison pendant la Campagne de France (Albert Grand a participé au débarquement de Normandie, il a posé pied dans le Cotentin), il est rattaché au « groupement tactique » sous les ordres du Colonel Dio (Compagnon de la Libération en 1941).

Se portant volontaire pour des opérations de nettoyage (comme à Carouges au début août 1944), il ramène un nombre appréciable de prisonniers.

Il s’expose personnellement au cours de liaisons réalisées dans des conditions pires que difficiles pendant la traversée des Vosges (2 1-23 novembre 1944).

Il rend des services exceptionnels pendant les opérations du 19 au 23 novembre 1944 (qui aboutiront à la libération de Strasbourg) et à partir du 28 novembre, il agit remarquablement par son dévouement et son activité pour assurer la Liberté (surtout au sud de Strasbourg). Albert Grand était également présent à la prise de la poche de Royan.

Après la guerre qu’il a terminée avec le grade de Sous-Lieutenant, Albert Grand poursuit une carrière d’Officier d’artillerie coloniale.

Il est nommé Lieutenant à titre exceptionnel en 1946. Puis c’est le Maroc, le Cameroun puis encore le Maroc, le Tonkin. Affecté au Sahara, Chef d’Escadron, il termine sa carrière comme Lieutenant-Colonel. Il prend sa retraite de l’armée le 31 décembre 1972.

Il sera ensuite directeur de clinique à Saint-Etienne jusqu’en 1975.

Albert Grand, l’Artilleur de Koufra, passe maintenant sa retraite dans l’Allier. Lorsque je l’ai rencontré cet été 1996, il m’a avoué vouloir rejoindre sa terre natale, en Haute-Saône, pour être près de ses parents.

La citation portant attribution de la Croix de la Libération est :

« Jeune officier plein d’allant et de courage. S’est depuis cinq années consacré uniquement au service de la France. Pendant les campagnes du Fezzan, de Tripolitaine et de Tunisie s’est distingué par son sang-froid et la sûreté de ses jugements en particulier le 28 décembre 1942 devant Oum El Araneb. A été blessé en se portant courageusement au secours d’un camarade. Toujours volontaire pour les missions périlleuses, a au cours de la campagne de France, effectué plusieurs patrouilles de nettoyage et de nombreuses liaisons délicates notamment en août 1944 autour de Carouges et les 21 et 23 novembre 1944 lors de la traversée des Vosges ».

Ce mémoire a été établi le 15 mai 1945.

Albert Grand m’a demandé de faire figurer ce qui fut une partie importante de sa carrière : le Serment de Koufra. En voici le texte :

« le 2 mars 1941 à Koufra, au matin devant un détachement en loques (27 Français) et cependant figés dans un garde-à-vous impeccable, le drapeau français monte en haut du mât, le Colonel Leclerc nous dit « nous sommes en marche, nous ne nous arrêterons que lorsque le drapeau français flottera sur la cathédrale de Strasbourg ».

Par Olivier MATTHEY-DORET

Extrait de son livre "Les Compagnons de la Libération de la Région R2"

Avec son aimable autorisation.



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