Résistants, Personnalités liées à la Résistance

Résistants, Personnalités liées à la Résistance

Louis LOUBIERE

1907 - 1986

Louis LOUBIERE est né à Istres en 1907 où il occupe la fonction de garde champêtre dès 1934.

Il est mobilisé en 1939 et part combattre dans la Somme.

Suite à la débâcle de 1940, il rentre à Istres retrouver sa femme et son fils de 8 ans et reprend ses fonctions de garde champêtre.

Il est un farouche adversaire du régime de Vichy et du Maire d’Istres mis en place par celui-ci. Fervent socialiste et libre penseur (à l'époque S.F.I.O.), il est très proche de Félix GOUIN, Maire légitime d’Istres, parti rejoindre de GAULLE, par conviction et par alliance (cousin germain de Louis GOUIN son frère).

En novembre 1942 il rejoint « Radio Patrie » puis en janvier 1943 le groupe « Combat » sous les ordres de Max JUVENAL (nom de code Maxence).

Pour aider ses camarades de Résistance il subtilise des tampons à la Mairie afin de constituer de faux papiers d'identité et de fausses cartes d'alimentation et dérobe des armes au dépôt de Miramas.

Il participe à de nombreux sabotages afin d'enrayer la machine nazie et cache beaucoup de jeunes en Camargue afin de leur éviter le S.T.O. (Service de Travail Obligatoire).

Il met en œuvre l’opération pour la libération du Général PONTCARAL D’Annecy.( documents joints)

Il devient Chef des C.F.L. (Corps Francs de la Libération), Président du M.L.N (Mouvement de Libération Nationale) puis Chef de l'A.S. (Armée Secrète) sous les ordres de JEAN JUVENAL (JANVILLE)

Il était également responsable du N.A.P. du secteur d’Istres (Noyautage des Administrations Publiques) et faisait partie des M.U.R. (Mouvements Unis de la Résistance).

Le 09 juin 1944 il est prévenu par Henri LAZZARINO du Maquis de Port de Bouc que le réseau de Martigues de CHAVE venait d'être démantelé et qu'il fallait qu'il parte très vite ; ce qu’il fit en emportant avec lui toutes les armes cachées dans la maison. Malheureusement à son arrivée à Port de Bouc Henri LAZZARINO avait été arrêté. Le soir du 09 juin il trouva refuge chez Monsieur José SEGURA jusqu’au petit Matin, il échappa de justesse aux Allemands qui le traquaient.

Il est suspendu de ses fonctions le 10 juin 1944 par arrêté Municipal du 10 juillet 1944 sur décision du Maire mis en place par Vichy, Il réintégrera ses fonctions qu’en 1945.

En juin 1944, alors qu’il se cachait en Camargue il apprit que son fils avait été hospitalisé à Marseille à la clinique Cotalorda - Boulevard Longchamp. Malgré les dangers il prit le risque d'aller voir son fils… Il était dans la chambre lorsque des gendarmes sous les ordres de la Gestapo l’arrêtèrent et l’emmenèrent dans leurs locaux où il fut frappé et trainé dans le couloir avant d’être laissé sur un banc. La chance voulut qu’un avocat se trouvait là et après un judicieux tour de passe-passe le fit évader.

À partir de ce jour, sa maison sera surveillée par la Gestapo jour et nuit et il restera caché jusqu'à la Libération en poursuivant ses actions de sabotages.

Rescapé du charnier de Fenouillet à Charleval il fut condamné à mort par contumace .

Louis LOUBIERE est mort à Istres en août 1986 à l'âge de 79 ans et eut à titre posthume la Croix du combattant volontaire de la Résistance en 2001.

 

Texte de son petit-fils Olivier LOUBIERE



Accéder aux archives